La situation s'aggrave d'heure en heure au Venezuela où deux des principaux leaders de l'opposition ont été arrêtés

 Les principaux opposants au régime vénézuélien Leopoldo Lopez et  Antonio Ledezma ont été arrêtés.
Les principaux opposants au régime vénézuélien Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma ont été arrêtés. © AFP / EVARISTO SA, Leopoldo LOPEZ

Il s'agit d'Antonio Ledezma, maire élu de Caracas, la capitale, et de Leopoldo López, ancien candidat à la présidence. Les deux hommes étaient en résidence surveillée, Ledezma depuis février 2015, López depuis quelques jours seulement.

Les deux ont été arrêtés par des sbires du régime et transférés vers un lieu inconnu. Les raisons de leur arrestation et de la révocation de leur résidence surveillée sont totalement farfelues : on les accuse d'avoir ourdi un plan de libération.

Mais cette arrestation est surtout cruelle pour Leopoldo López, le plus en vue de ces deux opposants. Il avait été sorti de prison quelques jours avant le vote du 30 juillet, histoire de faire baisser la tension et de montrer un visage plus aimable du régime.

Le vote achevé, Nicolás Maduro, le président vénézuélien, a dû juger qu'il ne lui était plus utile. Ou plutôt qu'il était plus dangereux dehors, même aux arrêts domiciliaires.

Que faut-il penser de cette constituante qui vient d'être élue ?

D'abord et avant tout, il faut que nos auditeurs comprennent qu'il ne s'agissait en aucune manière d'un scrutin ou d'une élection telle que nous les connaissons. Soyons précis. Il y avait deux collèges électoraux pour élire les 545 députés.

Le 1er collège était dit « territorial » pour 364 élus. Là, c'est facile de comprendre : ces députés représentaient les territoires. Sauf que pour se présenter, il ne fallait appartenir à aucun parti et surtout, ne pas être maire, député ou gouverneur.

Or évidemment, l'opposition est particulièrement bien représentée au niveau local. Quant au reste des élus, 181 exactement, ils proviennent de 8 secteurs économiques identifiés par le régime : ouvriers, paysans et pêcheurs, étudiants, handicapés, retraités... etc...

En clair, c'est un vote mi-manipulé – l'essentiel des candidats sont proche du régime – mi-corporatiste, dans une tradition qui tient à la fois du marxisme (les soviets) et du fascisme, où l'on adorait diviser la société par corporations de métier.

Donc rien de bon ne peut sortir de cette mascarade qui s'est poursuivie jusqu'à l'annonce des résultats. Pourquoi croyez-vous que, miraculeusement, 8 millions de Vénézuéliens se sont présentés, enthousiastes, selon Maduro, aux urnes pour voter ?

D'abord, dans pas mal de bureaux, on distribuait des cartes de rationnement en même temps que le bulletin. Dans un pays où la pauvreté a explosé, atteignant un niveau jamais vu (on parle d'un tiers de la population) l'argument a pu porter.

Que peut faire la communauté internationale ?

Je rappelle deux choses importantes : le Venezuela n'avait pas connu de dictature depuis 1958. Le pays n'a pas eu à souffrir comme l'Argentine, le Brésil ou le Chili de ces régimes policiers et militaires qui ont fait des milliers de disparus.

Pendant ces années terribles, le Venezuela servait de refuge à toute l'Amérique latine opprimée. Ensuite, il faut toujours avoir en tête que le Venezuela est, de loin, le pays potentiellement le plus riche du sous-continent : il est assis sur les 1ères réserves pétrolières au monde.

Avant même l'Arabie saoudite, c'est dire ! Pour ruiner un pays pareil, le plonger dans la violence, la pénurie, l'inflation et la misère, il faut donc vraiment être particulièrement incompétent. Mais, le régime a une faiblesse. Une seule : le pétrole justement.

De toute façon, ses revenus ne profitent plus depuis plusieurs années à la population. Un embargo sur les exportations pétrolières, notamment venu des Etats-Unis, premier client du pays avec 750 000 barils importés par jour, aurait – croyez-moi - raison du régime de Nicolas Maduro en quelques mois.

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