C’est bien, voire très bien. Tout n’en ira pas mieux d’un coup. Le chômage va continuer de croître. La croissance ne reviendra pas, au mieux, avant dix-huit mois mais les dirigeants des vingt pays les plus riches du monde ont au moins su prendre, hier, de bonnes décisions. Comme le souhaitaient les Américains, l’effort de relance internationale, d’abord, s’est notablement accru avec l’allocation de plus de mille milliards de dollars supplémentaires au Fond monétaire international qui pourra ainsi appuyer les pays les plus en difficultés et, notamment, les plus pauvres. C’est une bonne chose parce que la relance restait insuffisante ; qu’on évite, par là, un bras de fer entre l’Amérique et l’Europe qui ne voulait pour l’instant pas injecter plus d’argent dans ses économies et, surtout, parce qu’on renforce, de cette façon, le poids d’une institution multilatérale, le FMI, d’un agent économique mondial dans une économie mondialisée, et qu’on a décidé, du même coup, d’y faire monter en puissance les économies émergentes dont les droits comme les devoirs en seront élargis. Symbole fort, reconnaissance de cette réalité qu’est la fin de la suprématie occidentale sur l’économie mondiale, la présidence de la Banque mondiale ne reviendra plus automatiquement à un Américain et celle du Fond à un Européen Comme le souhaitaient la France et l’Allemagne, la réglementation et le contrôle des marchés ont, parallèlement, été renforcés. « Le temps du secret bancaire est révolu », a déclaré le G-20 qui a fait publier dans la soirée une liste des paradis fiscaux désormais désignés et susceptibles de sanctions. Ces trous noirs de la finance ont du plomb dans l'aile et il est tout aussi important que des mesures aient été annoncées sur les fonds spéculatifs, le montant des réserves bancaires, la réforme et l’harmonisation de règles comptables, l’indépendance des agences de notation ou encore la rémunération des traders. On peut raisonnablement y croire car, Autre bonne décision, le G-20 se réunira de nouveau, à l’automne, pour le suivi de ces décisions. Rendez-vous a été pris, à New York, après l’Assemblée générale de l’Onu, pour visser, contrôler et faire avancer les mesures prises hier ce qui institutionnalise, de fait, quatrième bonne nouvelle, ce nouveau directoire économique du monde où les émergents siègent aux côtés du vieil argent. « Tournant », a sobrement dit Barack Obama en conclusion de cette journée. « Nouvel ordre mondial », a surenchéri Gordon Brown. « Réforme en profondeur de l’organisation financière internationale » a estimé Nicolas Sarkozy et aucun d’eux n’avait tort car c’est bel et bien à l’enterrement de l’ère libérale, au retour de la puissance publique et à l’ébauche d’une gouvernance économique mondiale qu’on a assisté hier. Reste à voir si les fruits passeront la promesse des fleurs mais, crise aidant, tout se passe comme si le monde revenait au bon sens et c’est également vrai en politique avec le resserrement du couple franco-allemand, le dégel américano-russe et la recherche d’un dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran.

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