Reste à voir si cela convaincra les Britanniques de voter contre un Brexit, contre un british exit, une sortie de l’Union. David Cameron, leur Premier ministre, s’en dit convaincu. Au vu des propositions que venait de lui faire le président du Conseil européen, Donald Tusk, il a estimé croire, hier, qu’elles lui permettraient bientôt de convaincre ses compatriotes de voter pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union mais rien n’est moins sûr, pour deux raisons.

La première est que, fruits de compromis savants visant à répondre aux demandes britanniques sans pour autant modifier les traités, ces propositions ne donnent pas aux europhobes d’outre-manche ce qu’ils souhaiteraient en fait. Ce qu’ils voudraient, c’est que leur pays puisse continuer à bénéficier des avantages du Marché commun mais sans devoir se soumettre aux contraintes de solidarité et de règles communes qu’impose l’unité européenne.

C’est, au fond, ce qui a toujours été l’aspiration de la Grande-Bretagne et ce n’est pas, là, ce qu’elle obtient. Pour faire campagne contre un Brexit lors du référendum de juin prochain, David Cameron avait posé pour première condition que son pays puisse ne pas verser d’allocations sociales pendant quatre ans aux ressortissants européens venus s’y installer.

C’était fouler aux pieds les principes de la libre circulation dans l’Union et de l’égalité en droits des citoyens européens. C’est donc non. La Grande-Bretagne ne le pourra pas et pourra seulement, comme tous les pays de l’Union, invoquer un danger sur ses compte sociaux, un danger qui devra être prouvé, pour rendre le versement de ces allocations progressif. Seule vraie concession faite à Londres, ce danger est reconnu comme déjà existant pour le Royaume-Uni qui pourrait en conséquence s’en prévaloir sans attendre.

La deuxième condition posée par le Premier ministre était que son pays ne soit plus lié par l’objectif commun d’une « union toujours plus étroite » et, sur ce point, satisfaction lui est donnée puisque l’Union reconnaîtrait que le Royaume-Uni n’est pas engagé à une intégration européenne « plus poussée ». La troisième condition était que les Parlements nationaux puissent s’opposer à des décisions communes et le mécanisme proposé est extrêmement restrictif.

Quant à la quatrième condition de David Cameron, elle était que les décisions de la zone euro ne puissent pas affecter les pays qui n’y appartiennent pas. Là encore il devra se contenter d’une demi-mesure, d’un donnant-donnant au terme duquel les pays de l’euro et les autres se devront de ne pas contrarier leurs intérêts respectifs dans un esprit de « respect mutuel » assorti de clauses de contestation particulièrement alambiquées

Alors ?.. Brexit or not Brexit ?

On ne sait pas. Plutôt pas, puisque les Britanniques ne se prononceront pas sur un nouveau traité, contrairement aux Français en 2005, mais sur leur sortie de l’Union et, donc, du Marché commun. L’enjeu est d’une autre ampleur mais, si la question des réfugiés n’a pas été résolue d’ici juin et si l’Union continue à se désunir, alors, oui, le Brexit deviendra probable.

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