Donald Trump n’hésite pas à le dire et beaucoup d’Occidentaux le pensent...

Nous sommes en guerre, croit-on souvent, car l’islam aurait déclaré la guerre à l’Occident mais les faits démentent cette idée fausse.

L’Irak après la Turquie, 29 morts hier à Bagdad après les 39, samedi, de la discothèque d’Istanbul, le terrorisme islamiste frappe tout autant l’islam que l’Occident et même plus, beaucoup plus, puisque les attentats sont quasiment quotidiens en Irak et que la Turquie vient d’en connaître quinze en douze mois.

Avant la discothèque, il y avait eu l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara et, avant ce meurtre, des bus entiers de policiers, un mariage et ses cinquante invités, l’aéroport d’Istanbul, des centres-villes et des réunions politiques avaient été frappés par des kamikazes tuant d’autres musulmans au cri « d’Allah akbar ! », « Dieu est grand ! ».

Guerre, il y a mais entre deux islams, l’islam sunnite, l’islam chiite et leurs deux champions respectifs que sont l’Arabie saoudite et l’Iran. L’Irak en est le terrain privilégie puisque l’intervention américaine y a mis au pouvoir la majorité chiite après des décennies de dictature des sunnites, désormais en lutte contre leur marginalisation économique et politique.

La Turquie devient un champ de bataille car son président, après avoir soutenu l’insurrection syrienne, s’est maintenant rapproché des Russes par crainte que l’émergence d’un Kurdistan syrien autonome ne réveille l’indépendantisme de ses propres Kurdes. A Damas, c’est pour défendre son intégrité territoriale que la Turquie sunnite s’est maintenant rangée aux côtés d’un régime issu d’une branche du chiisme et c’est ce retournement d’alliances, cette trahison de la cause sunnite, qui lui coûte aujourd’hui tant d’attentats si meurtriers.

Même Daesh, leur organisateur, est beaucoup moins mû par le fanatisme religieux que par cette guerre des deux islams car son ambition première était de créer un nouvel Etat sunnite, à cheval sur l’Irak et la Syrie, afin de réunir les sunnites de ces deux pays maintenant dominés, tous deux, par les chiites.

L’islam n’est pas en guerre contre l’Occident mais contre lui-même parce l’Iran chiite, l’ancienne Perse, a opéré une percée en terres arabes en s’y appuyant sur les minorités chiites, que l’Arabie saoudite ne veut ni ne peut l’admettre et que la Syrie est devenue l’enjeu de cette lutte d’influences qui met le Proche-Orient à feu et à sang en y rebattant toutes les cartes.

L’Europe n’a rien à voir dans cette bataille mais elle en est victime car elle asi longtemps dominé le Proche-Orient qu’elle y est encore vue comme responsable de tout.

En raison de l’intervention américano-britannique en Irak et de l’abstention occidentale en Syrie, les islamistes sunnites la considèrent, à tort mais c’est ainsi, comme l’alliée des chiites.

C’est pour cela qu’ils recrutent des crétins paumés en Europe afin de les retourner contre elle et c’est ainsi que l’Europe, France en tête, est aux prises avec Daesh qu’elle combat, à juste tire, pour prévenir ses attentats. L’Europe est une victime collatérale de la guerre des deux islams.

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