Après un long et pénible processus, les 28 ont abouti à des nominations-surprises, avec deux femmes aux postes-clés, Ursula Von der Leyen à la Commission européenne et Christine Lagarde à la Banque Centrale Européenne - une Allemande et une Française, pas de hasard.

Ursula Von der Leyen, la Ministre allemande de la défense, le futur visage de l’Europe, choisie pour succéder à Jean-Claude Juncker à la Présidence de la Commission européenne.
Ursula Von der Leyen, la Ministre allemande de la défense, le futur visage de l’Europe, choisie pour succéder à Jean-Claude Juncker à la Présidence de la Commission européenne. © AFP / Peter Steffen / DPA / dpa Picture-Alliance

Après l’élection du pape au Vatican, la désignation des dirigeants de l’Union européenne est le processus le plus complexe au monde. Mais à la différence d’un conclave d’évêques, tous les éléments du débat sont finalement connus de tous.

L’autre différence avec l’élection d’un pape, c’est évidemment que l’Europe peut élire des femmes à sa tête, et c’est ce qu’elle a fait hier, à l’issue de négociations qui ont mis les nerfs des 27 ou 28, on ne sait plus, à rude épreuve.

Ce sont donc deux femmes qui obtiennent pour la première fois les deux postes les plus importants que les chefs d’État et de gouvernement devaient pourvoir après les élections européennes. 

La ministre de la défense allemande Ursula Von der Leyen à la Présidence de la Commission européenne, pour succéder à Jean-Claude Juncker, et Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne ; une Allemande et une Française - rien n’est dû au hasard. Il faut ajouter le Premier ministre belge Charles Michel qui sera Président du Conseil européen, et le chef de la diplomatie espagnole Josep Borrel, pour la diplomatie européenne.

Ces nominations n’ont jamais été simples dans l’histoire européenne, en raison du nombre de paramètres à remplir. Mais cette fois-ci fut particulièrement complexe pour trois raisons :

  • D’abord la nouvelle configuration du Parlement européen décidée par les électeurs. Fini le duopole Conservateurs-socio-démocrates, il faut composer des coalitions incluant les Libéraux ou les Verts, c’est plus compliqué ;
  • Ensuite, la mésentente actuelle franco-allemande, et le fait que même un compromis entre Paris et Berlin ne suffit plus à emporter la décision. Ainsi, l’hypothèse du socialiste néerlandais Frans Timmermans pour la Commission semblait un temps acceptable, mais a été rejetée par les conservateurs, frustrés de perdre le poste de numéro un alors qu’ils sont arrivés en tête aux élections ; Idem pour Michel Barnier, qui a pâti du véto français à Manfred Weber.
  • Enfin, si les eurosceptiques ne pèsent pas assez lourd pour tout bloquer, ils n’en restent pas moins une force avec laquelle il faut compter. Ainsi, les pays d’Europe centrale se sont aussi opposés à Frans Timmermans qui les avait critiqués pour leur « illibéralisme ».

Il faudra d’abord que ces nominations passent l’épreuve du vote par le Parlement européen, qui a le pouvoir de refuser ; il y a aussi les réticences de telle ou telle famille politique qui s’estime mal servie.

Mais si le Parlement les approuve, les nominations-surprise décidées hier ont le mérite d’avoir mis aux postes-clés des personnalités de premier plan dans leur pays, et clairement favorables au projet européen. Il ne s’agit pas, malgré les difficultés, des plus petits dénominateurs communs comme c’est souvent le cas.

Lundi, Emmanuel Macron avait poussé un coup de gueule contre les réunions inutiles ; Hier, il avait retrouvé le sourire, il peut s’estimer satisfait du résultat. 

Mais il ne suffit pas de choisir des visages nouveaux, il faut une cohérence, capable de convaincre les citoyens que l’Europe travaille pour eux ; capable, aussi, de prouver que l’Europe peut peser dans un monde de rapports de force. Ce sera la tâche de ce nouveau quatuor.

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