Personnalité noire la plus haut placée du Congrès, le représentant de Caroline du Sud s’est rallié, hier, à Barack Obama. Dans la journée d’aujourd’hui et à compter de ce soir, surtout, à l’issue des primaires du Montana et du Dakota du Sud, les deux dernières, d’autres ralliements de grandes figures démocrates devraient suivre. Elus et permanents du parti, ces super délégués qui votent de droit à la Convention devraient être ainsi assez nombreux à apporter leur voix à Barack Obama pour lui assurer la majorité – 2118 délégués – qui fera de lui le candidat démocrate à la présidentielle, le premier candidat noir à avoir des chances d’entrer à la Maison-Blanche. Tout est, maintenant, écrit. Sauf crise cardiaque ou sensationnelle révélation qui viendrait le disqualifier, c’est bien Barack Obama qui affrontera John McCain, le candidat républicain, sauf… Sauf que sa rivale, Hillary Clinton, s’obstine à rester en course. Personne, peut-être pas elle-même, ne connaît précisément ses raisons mais elle peut en avoir beaucoup, additionnées et variant d’importance. La première, la plus évidente, est que l’ancienne première dame ne voudrait pas s’être retirée avant la toute fin des primaires, ce soir donc. Question d’orgueil, elle ne voudrait pas ne pas s’être battue jusqu’au bout, sans avoir baissé les bras, comme elle l’a toujours fait dans sa vie, faisant front lorsque la première candidature de Bill Clinton était menacée par les récits de ses anciennes maîtresses, quand les premiers mois de son premier mandat semblaient aussi chaotiques que l’automne de Nicolas Sarkozy, lorsque les conservateurs les harcelaient sans cesse, elle et lui, ou quand l’affaire Monika, bien sûr, l’avait humiliée comme rarement quelqu’un le fut. Hillary Clinton veut sortir en combattante, la tête haute, mais ce n’est pas tout. A tort ou à raison, elle pense qu’elle ferait une meilleure candidate contre John McCain, plus expérimentée, plus solide, connaissant mieux les dossiers, et peut-être ne désespère-t-elle pas que la fin des primaires et le début du véritable affrontement entre les deux partis ne le laisse voir. Si c’était le cas et si elle n’avait alors toujours pas reconnu sa défaite, les super délégués ralliés à Barack Obama pourraient se retourner en sa faveur car, contrairement aux délégués élus dans les primaires, aucun mandat ne les lie. Dans cette hypothèse, la bataille démocrate se poursuivrait jusqu’à la convention, fin août, à Denver. Les Démocrates y perdraient beaucoup de plumes. Hillary Clinton serait accusée de préférer son ambition à son parti. L’hypothèse est plausible mais le pari serait si risqué pour elle qu’il est beaucoup plus probable qu’elle souhaite apparaître incontournable après être restée en lice jusqu’à la dernière seconde et pouvoir ainsi se faire reconnaître une place due en acceptant, finalement, de se rallier à son rival. Quelle place alors ? La vice-présidence, peut-être. La conduite de la diplomatie, le département d’Etat éventuellement, ou bien, mieux encore, la première place au Congrès, celle d’où l’on négocie tout, presque d'égal à égal avec le président.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.