Cela s’appelle un ballet diplomatique et il sera d’une ampleur rarement vue. Sur fond de crise ukrainienne et de profond désarroi, surtout, des grandes puissances, il s’ouvrira demain à Varsovie où Barack Obama, les principaux dirigeants européens et le nouveau président ukrainien se retrouveront à l’occasion du 25ième anniversaires des premières élections libres en Pologne dans l’évident objectif d’afficher leur unité, face à la Russie.

Dans la foulée, c’est le G-7 qui se réunira à Bruxelles, le G-7 et non pas le G-8 puisque les Occidentaux ont exclu les Russes de ce club des nations les plus riches pour cause d’annexion de la Crimée. Ce sera une autre manifestation d’unité atlantique avant que François Hollande ne reçoive, jeudi, Vladimir Poutine à Paris afin de tester avec lui les possibilités d’un compromis durable sur l’Ukraine. Le prétexte de cette invitation est la présence vendredi, du président russe aux cérémonies du 70ième anniversaire du débarquement où il côtoiera une vingtaine de chefs d’Etats et de gouvernements dont les présidents américain et ukrainien avec lesquels il n’est pas exclu qu’il ait des entretiens bilatéraux si des progrès ont été marqués, la veille, à l’Elysée.

Tout cela est bien. Il peut ne pas rien en sortir puisqu’une désescalade pourrait s’amorcer en Ukraine malgré l’intensité des combats sur le terrain, mais ce qui frappe le plus dans ces rencontres en chaîne est l’affaiblissement des grands de ce monde qui ne sont plus en contrôle de grand-chose.

L’Amérique a échoué dans sa tentative, pourtant acharnée, de relance des pourparlers de paix israélo-palestiniens. L’Ukraine l’empêche de s’extraire d’Europe alors même qu’elle voudrait concentrer ses forces en Asie pour y faire contrepoids à la Chine qui l’inquiète. L’Amérique ne veut plus d’aventures extérieures mais force est de constater que la volonté de Barack Obama d’inscrire la puissance de son pays dans le multilatéralisme et la légalité internationale se heurte à l’obstructionnisme russe et à la division du Conseil de sécurité.

En Russie, la fierté nationale et la popularité de Vladimir Poutine sont sorties renforcées de la récupération de la Crimée mais on sent bien que cette puissance pauvre n’a pas les moyens de risquer une rupture de ses relations économiques avec les Occidentaux. Son président hésite d’autant plus à pousser son avantage en Ukraine qu’il n’est pas assez fou pour se mettre dans la main des Chinois et que c’est au monde occidental que l’argent et les élites russes veulent s’arrimer. La Syrie même se solde par un échec du Kremlin car, à tant soutenir Bachar al-Assad, la Russie n’a fait que contribuer à la naissance d’un nouveau jihadisme dont elle pourrait avoir tout autant à souffrir que l’Europe.

Quant à l’Union européenne, malheureuse Europe, elle peine à relancer ses économies et son unité car il lui faudrait pour cela harmoniser ses politiques et investir en commun alors qu’elle n’a jamais été aussi divisée sur les moyens de le faire, que les nationalismes s’affirment en son sein et qu’elle en perd foi en elle-même. Flottant, désemparé, le monde est en besoin d’idées neuves et de visionnaires.

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