Les Italiens se rendent aux urnes pour élire leurs maires mais toute l'Italie a les yeux rivés sur Rome...

Avec Anthony Bellanger.

Ce dimanche, Anthony, les Italiens se rendent aux urnes pour élire leurs maires mais toute l'Italie a les yeux rivés sur Rome...

Où pour la première fois de son histoire plusieurs fois millénaire, une femme, Virginia Raggi, a de très bonnes chances d'être élue à la tête de capitale italienne. Elle a tout pour elle Virginia : elle est jeune, 37 ans, dans un pays qualifié parfois de gérontocratie.

Elle est indéniablement brillante, elle crève l'écran et elle est même mère de famille, ce qui n'est pas un détail pour les Italiens qui aiment les « mères courage », c'est-à-dire ces femmes qui prennent à bras le corps Et carrière professionnelle Et maternité.

Ce qui, entre nous soit dit, et le cas de la plupart des femmes en Europe. Elle n'a qu'un seul défaut, mais qui dans le cas de Rome est devenu une vraie qualité : elle appartient au Mouvement 5 Etoiles, fondé par le comique Beppe Grillo en 2009.

En quoi est-ce un problème ?

Le manque d'expérience des élus « Grillistes » et les incessants écarts de langage de son leader qui n'en rate jamais une. Mais les italiens sont si fatigués par les affaires de corruption qui affectent tous les partis traditionnels qu'être inexpérimenté est un atout !

Prenons le cas de Rome, vous allez comprendre. Voilà une capitale qui est administrée depuis un an par un haut fonctionnaire parce que le maire de gauche a dû démissionner. On lui reprochait des dépenses inconsidérées payées avec la carte bleue de la mairie.

Dans le même temps, les tribunaux romains travaillent en flux tendus pour écluser une tentaculaire affaire de corruption mêlant politicien locaux et maffia romaine : des dizaines d'arrestations de chefs d'entreprise, d'élus et de fonctionnaires véreux.

Si vous ajoutez à cela les 14 milliards de dettes romaines, des nids de poule partout, des trottoirs défoncés, des merveilles archéologiques abandonnées, des ordures mal ramassées, on obtient un boulevard, romain bien sûr, pour une candidate hors-système, comme Virginia Raggi.

Alors, il n'y a pas que Rome, d'autres grandes villes changent de maire ce weekend !

Effectivement, il y a aussi la bataille de Milan, de Naples ou en encore de Bologne avec souvent les mêmes caractéristique : à Naples, par exemple, c'est l'actuel maire, Luigi de Magistris, ancien magistrat et surtout, hors parti, qui pourrait être réélu dès le 1er tour.

En fait, partout en Italie, les indépendant, les maires sans étiquettes, issus de la société civile prennent l'avantage. Au point que les partis traditionnels, gauche en tête, passent leur temps à chasser « l'inconnu compétent » qui peut servir de tête d'affiche.

A ce petit jeu, évidemment, le Mouvement 5 Etoiles est largement gagnant : ces élus sont tous issus de la société italienne, n'ont souvent jamais exercé de responsabilités administratives, sont souvent jeunes et, comment dire... En colère contre le système.

Le résultat est impressionnant : selon les derniers sondages, le Mouvement 5 Etoiles est devenu le premier parti d'Italie, avec des 28% des intentions de votes. Il est talonné par le Parti démocrate de Matteo Renzi, mais 1er tout de même.

Et il devrait donc remporter la ville éternelle en élisant à sa tête, non pas de dimanche mais au 2ème tour le 19 juin, une femme de 39a. Et si elle n'est pas élue, Beppe Grillo l'a promis, il se suicidera en direct ! Il plaisante bien sûr...

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