Chacun des candidats eut ses bons et ses moins bons moments. Chacun aura marqué des points car chacun a ses forces mais il est un dossier, le plus important de tous, sur lequel François Hollande avait clairement l’avantage.

Ce dossier, c’est l’Europe. En tant que président sortant, Nicolas Sarkozy peut, à juste titre, se féliciter d’avoir su converger avec la chancelière allemande pour mettre au point et faire adopter par 25 des 27 pays membres de l’Union un pacte budgétaire conditionnant les solidarité européennes à un redressement des comptes publics de chacun des Etats européens. On peut discuter, contester, rejeter telle ou telle clause de ce Pacte mais il était indispensable car, sans lui, l’unité de l’Europe aurait été menacée, les taux auxquels les Trésors publics empruntent auraient continué de s’envoler et les difficultés auxquelles les Européens continuent d’être confrontés auraient été bien plus grandes encore.

Ce pacte dont Nicolas Sarkozy peut revendiquer la copaternité est une bonne chose mais François Hollande n’en avait pas eu moins raison de dire qu’il ne le signerait pas s’il n’était pas accompagné de mesures de relance. Ce lui fut imputé à crime par tous les gouvernements conservateurs de l’Union. Il en fut ostracisé en Europe puisque les gouvernements conservateurs y sont très majoritaires mais le candidat socialiste ne disait que l’évidence en rappelant que, sans croissance, la rigueur ne pouvait qu’augmenter et non pas réduire l’endettement puisqu’elle freinait l’activité et donc les rentrées fiscales.

Cette évidence est maintenant reconnue, presque incontestée, et le fait est que François Hollande avait également vu juste en annonçant qu’elle finirait par faire consensus et que, loin de compromettre l’unité européenne, il ne faisait qu’anticiper la prochaine et nécessaire étape de cette unité.

C’est pour cela qu’il fut hier si tranquille et clair sur l’Europe, d’autant plus sûr de lui que Nicolas Sarkozy pouvait difficilement l’attaquer sur ce dossier puisque lui-même dénonce maintenant le danger d’une « déflation » européenne mais, dès lors qu’ils sont en fait d’accord, la question est de savoir qui des deux serait le mieux à même de faire avancer les choses.

Nicolas Sarkozy semble le mieux placé car ce sont ses amis politiques qui dominent en Europe. C’est un fait et il compte mais, outre, que les majorités peuvent changer dans l’Union, il se trouve aussi que la volonté de François Hollande de rétablir les comptes est réelle, qu’il sait qu’on ne fait rien avec des caisses vides et que ce fils spirituel de Jacques Delors est parfaitement à même, de part sa dimension démocrate-chrétienne, de négocier l’indispensable compromis entre libéraux et sociaux-démocrates sur les moyens d’une relance concertée. François Hollande peut très vite décrisper les choses dans l’Union est c’est là son atout, pour l’Europe et, donc, la France.

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