Ce n’est qu’après avoir consacré sa première tournée étrangère à l’Asie qu’Hillary Clinton prend, cette semaine, le pouls du Proche-Orient et de l’Europe. D’abord l’Asie, ensuite le reste, cette hiérarchie des visites dit toute la priorité que Barack Obama et sa secrétaire d’Etat donnent à la stabilité des relations avec la Chine, incontournable détenteur et acquéreur de bonds du Trésor américain, pays dont les Etats-Unis ont besoin et qu’ils doivent soutenir car une dégradation trop marquée de l’économie chinoise les menacerait directement. Il y a dix jours, à Pékin, Hillary Clinton avait donc essentiellement parlé finances mais de Charm el Cheikh, hier, à Ankara samedi en passant par Jérusalem, Ramallah, Bruxelles et Genève, la secrétaire d’Etat aborde, maintenant, les dossiers politiques les plus chauds. En Egypte, à Charm el Cheikh où se tenait la conférence des donateurs pour la reconstruction de Gaza, elle s’est montrée à l’unisson de l’Union européenne et des pays arabes qui refusent, comme les Etats-Unis, que les dons internationaux soient redistribués par le Hamas et poussent, en conséquence, à la formation d’un gouvernement d’union palestinien avec lequel ils pourraient traiter. Les Européens l’ont clairement dit. Sans gouvernement d’union, les cinq milliards de dollars promis par les donateurs ne seront pas débloqués. Reste à voir si cette pression convaincra les islamistes de gouverner avec leurs frères ennemis du Fatah mais aujourd’hui, à Jérusalem, chaque mot comptera pour Hillary Clinton. Il lui faudra, à la fois, éviter de paraître s’immiscer dans la formation du gouvernement israélien et exprimer des points de vue qui déplairont à Benjamin Netanyahu, leader de la droite et futur Premier ministre. Pour ce qui est de la volonté des Etats-Unis de promouvoir un règlement de paix fondé sur la coexistence de deux Etats, nul doute qu’Hillary Clinton la réitérera à Jérusalem mais sera-t-elle aussi nette sur l’extension des colonies israéliennes et la réouverture des points de passage entre Israël et Gaza ? Ce n’est pas encore certain mais c’est à cette aune que sera jugé le degré de pression que les Etats-Unis sont disposés à exercer sur Israël en faveur du compromis à la recherche duquel ils veulent associer les pays arabes et, surtout, la Turquie – pays où s’achèvera cette tournée et sur lequel Washington compte aussi pour lui servir d’intermédiaire avec l’Iran. A Bruxelles, toutes les bonnes manières nécessaires seront faites à l’Otan et à l’Union européenne mais, en Europe, l’étape cruciale sera celle de Genève où Hillary Clinton aura son premier tête-à-tête avec Sergueï Lavrov, son homologue russe. Depuis l’entrée en fonction de Barack Obama, le dégel est sensible entre Washington et Moscou mais il est encore à concrétiser. Les Etats-Unis semblent prêts à renoncer à l’extension de l’Otan jusqu’aux frontières de la Russie et au déploiement d’un système anti-missiles en Europe centrale mais ils ne l’ont pas déjà dit et le Kremlin n’a pas non plus dit à quels gestes il pourrait consentir pour sa part.

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