C’est le début d’une remontée. Il y a deux mois encore, Barack Obama était au plus bas dans les sondages et ses chances d’être réélu apparaissaient inexistantes à beaucoup tant le chômage était élevé, la croissance faible, le déficit budgétaire abyssal et la position internationale des Etats-Unis dégradée. Majoritaires à la Chambre des représentants depuis les élections de mi-mandat et, donc, en position de bloquer toutes les initiatives de la Maison-Blanche, les Républicains se voyaient déjà remporter la présidentielle de 2012 mais un premier sondage vient d’inverser la tendance.

Avec 49% d’Américains satisfaits de sa conduite des affaires, non seulement Barack Obama vient de gagner six points en un mois mais il a retrouvé un niveau de popularité qui refait de lui un prétendant crédible pour l’année prochaine. Ce n’est qu’un sondage et un seul, une hirondelle qui ne fait pas le printemps, mais il y a pourtant trois raisons d’y voir la possibilté d’un changement de donne.

La première est que ce président a su repartir à l’offensive en présentant, début septembre, un coûteux plan de relance de l’emploi qu’il propose de financer sans faire marcher la planche à billets ni encore accroître l’endettement des Etats-Unis. Pour faire baisser le chômage, Barack Obama veut tout simplement prendre aux plus riches pour donner à ceux qui ne le sont pas, éliminer les niches fiscales et autres abattements dont bénéficient les compagnies pétrolières et gazières, les propriétaires d’avion privés et, surtout, les foyers dont les revenus annuels dépassent 250 000 dollars, ceux-là mêmes dont l’imposition avait été spectaculairement abaissée par Georges Bush dès le lendemain de sa première élection.

Barack Obama a choisi de faire campagne en 2012 en faveur de la redistribution par l’impôt, d’une augmentation de la pression fiscale sur les plus fortunés en faveur d’investissements destinés à redonner du pouvoir d’achat aux plus démunis. Rompant avec la logique dominante des restrictions budgétaires, celle qui prévaut en Europe comme dans les rangs da la droite américaine, il s’est positionné en candidat de la relance par l’équité sociale et ce choix lui a permis de mettre en difficultés les Républicains et de retrouver des appuis parmi les électeurs dont la situation s’est le plus dégradée, les hommes blancs que le chômage fait sortir des classes moyennes.

La deuxième raison de cette remontée est que Barack Obama amorce un retrait d’Afghanistan après avoir tenu sa promesse de rappel des troupes envoyées en Irak. Non seulement les Américains ont le sentiment que la page se tourne sur ces guerres dont ils ne voulaient plus mais ils mettent au crédit de leur président la chute de Muamar Kadhafi qu’il a su favoriser sans engager directement les Etats-Unis. Quant au troisième facteur jouant en faveur du candidat Obama, il est tout simplement que les Républicains ne se sont pas trouvés, pas encore en tout cas, de chef de file sachant faire la synthèse entre la droite et le centre. Contre un Démocrate qui s’et positionné à gauche, la droite américaine n’a toujours pas de candidat crédible.

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