C’est une volonté contre un malaise, la volonté des Etats-Unis, d’imposer un changement de régime à Bagdad contre l’inquiétude que cette détermination solitaire suscite et forcément, jour après jour, cette volonté s’impose, par définition plus forte que les réticences qu’elle provoque. Même aux Etats-Unis, l’opinion publique est contre. Elle souhaite majoritairement la chute de Saddam, ça oui, mais la majorité des Américains ne veut pas que leur pays se lance seul dans une guerre. En Europe, même situation. Toutes les opinions publiques, sans exception, sont clairement opposées, comme l’est aussi le Vatican, à une action unilatérale des Etats-Unis. Le Canada lui-même a haussé le ton hier, rappelant que « la Charte des Nations-Unies permet à un Etat d’agir dans une situation d’autodéfense mais pas d’envahir un pays simplement parce que vous désirez le faire ». Personne au monde, en un mot, n’est favorable à cette guerre, n’est en tout cas partisan de la lancer avant d’avoir épuisé tous les moyens politiques de faire désarmer l’Irak, mais comme il n’y a pas de force égale aux Etats-Unis, d’autre superpuissance capable d’opposer une politique à celle de la Maison-Blanche, c’est celle des Etats-Unis qui, lentement, prévaut. Hier, la Chambre des Représentants américains a ainsi mis au point un projet de résolution autorisant le président à faire usage de la force contre l’Irak de manière « nécessaire et appropriée ». Les républicains sont majoritaires à la Chambre. Ils ne le sont pas au Sénat. Au Sénat, ce sera plus difficile mais, au bout du compte, les démocrates ne risqueront pas, à un mois des élections parlementaires, de centrer toute la campagne sur l’Irak, de faire, autrement dit, oublier la situation économique, leur principal atout devant les électeurs. Le Sénat suivra et Georges Bush, en fait, n’a plus aujourd’hui qu’un seul obstacle devant lui : la France. Seule le France dit non - non pas un non de principe à une intervention militaire qu’elle ne récuserait pas si Saddam Husein contrariait les inspections de l’Onu mais non au blanc-seing que les Etats-Unis voudraient obtenir du Conseil de sécurité, à un feu vert à la guerre avant même que les inspections n’aient été tentées. Georges Bush veut une résolution, une seule, un texte dur, l’autorisant à entrer en guerre au moment où il le jugerait nécessaire. La France prône, elle, deux résolutions, d’abord un mandat clair pour les inspecteurs et ensuite, le cas échéant, un second texte permettant une intervention si elle devenait inévitable. La France a un droit de veto au Conseil de sécurité. Elle peut évidemment l’utiliser mais peut-elle vraiment s’opposer seule aux Etats-Unis, les amener à ignorer l’Onu, entrer en combat singulier contre l’Amérique ? Délicat, difficile, dangereux. Il lui faut donc des soutiens, actifs, déclarés mais l’Allemagne, hier, lui a fait faux bond. Au lieu de se rallier à la position française et de tenter d’en faire une position européenne, Gerhard Schröder, reçu à l’Elysée, s’en est tenu à une abstention pacifiste qui n’est qu’une esquive. La voie s'ouvre pour Georges Bush parce qu’il est le plus fort, parce que l’unité politique de l’Europe n’est encore qu’une ambition. (021003) C’est une volonté contre un malaise, la volonté des Etats-Unis, d’imposer un changement de régime à Bagdad contre l’inquiétude que cette détermination solitaire suscite et forcément, jour après jour, cette volonté s’impose, par définition plus forte que les réticences qu’elle provoque. Même aux Etats-Unis, l’opinion publique est contre. Elle souhaite majoritairement la chute de Saddam, ça oui, mais la majorité des Américains ne veut pas que leur pays se lance seul dans une guerre. En Europe, même situation. Toutes les opinions publiques, sans exception, sont clairement opposées, comme l’est aussi le Vatican, à une action unilatérale des Etats-Unis. Le Canada lui-même a haussé le ton hier, rappelant que « la Charte des Nations-Unies permet à un Etat d’agir dans une situation d’autodéfense mais pas d’envahir un pays simplement parce que vous désirez le faire ». Personne au monde, en un mot, n’est favorable à cette guerre, n’est en tout cas partisan de la lancer avant d’avoir épuisé tous les moyens politiques de faire désarmer l’Irak, mais comme il n’y a pas de force égale aux Etats-Unis, d’autre superpuissance capable d’opposer une politique à celle de la Maison-Blanche, c’est celle des Etats-Unis qui, lentement, s’impose. Hier, la Chambre des Représentants américains a ainsi mis au point un projet de résolution autorisant le président à faire usage de la force contre l’Irak de manière « nécessaire et appropriée ». Les républicains sont majoritaires à la Chambre. Ils ne le sont pas au Sénat. Au Sénat, ce sera plus difficile mais, au bout du compte, les démocrates ne risqueront pas, à un mois des élections parlementaires, de centrer toute la campagne sur l’Irak, de faire, autrement dit, oublier la situation économique, leur principal atout devant les électeurs. Le Sénat suivra et Georges Bush, en fait, n’a plus aujourd’hui qu’un seul obstacle devant lui : la France. Seule le France dit non - non pas un non de principe à une intervention militaire qu’elle ne récuserait pas si Saddam Husein contrariait les inspections de l’Onu mais non au blanc-seing que les Etats-Unis voudraient obtenir du Conseil de sécurité, à un feu vert à la guerre avant même que les inspections n’aient été tentées. Georges Bush veut une résolution, une seule, un texte dur, l’autorisant à entrer en guerre au moment où il le jugerait nécessaire. La France prône, elle, deux résolutions, d’abord un mandat clair pour les inspecteurs et ensuite, le cas échéant, un second texte permettant une intervention si elle devenait inévitable. La France a un droit de veto au Conseil de sécurité. Elle peut évidemment l’utiliser mais peut-elle vraiment s’opposer seule aux Etats-Unis, les amener à ignorer l’Onu, entrer en combat singulier contre l’Amérique ? Délicat, difficile, dangereux. Il lui faut donc des soutiens, actifs, déclarés, et l’Allemagne, hier, lui a fait faux bond. Au lieu de se rallier à la position française et de tenter d’en faire une position européenne, Gerhard Schröder, reçu à l’Elysée, s’en est tenu à une abstention pacifiste qui n’est qu’une esquive. Georges Bush est en passe d’avoir la voie libre, parce qu’il est le plus fort, parce que l’unité politique de l’Europe n’est encore qu’une ambition.

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