Court-on, maintenant, au bras de fer entre les grandes puissances et l’Iran ? Ce n’est pas déjà certain. A tout instant, les dirigeants iraniens peuvent encore lâcher du lest, suffisamment en tout cas pour diviser le Conseil de sécurité. Peut-être le feront-ils dans les heures ou les jours qui viennent mais, en ce moment même, tout se met en place pour une épreuve de force – non pas la guerre mais des sanctions économiques. Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, a informé hier, en Finlande, les ministres de la Défense des 25 que ses conversations, longues et répétées, avec Ali Larijani, le négociateur iranien, avait abouti à des « progrès sur certains éléments » mais sans permettre d’accord sur « ce qui est fondamental », la suspension des opérations d’enrichissement d’uranium par Téhéran. L’impression prévaut maintenant dans l’Union qu’Ali Larijani, un homme que les auditeurs d’Inter connaissent bien pour l’avoir entendu, en février dernier, dans une émission spéciale du 7/9, ne dispose pas de marges de manœuvre suffisantes pour faire prévaloir un compromis. Les Etats-Unis en sont, eux, convaincus et les cinq membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne devraient, en conséquence, se concerter, à la fin de la semaine, en Europe, sur les mesures à prendre. D’ores et déjà, Vladimir Poutine et Georges Bush sont convenus, hier, par téléphone, de « la nécessité de maintenir une position commune afin de faire pression sur l’Iran » et la Géorgie pourrait bien faire les frais de cette convergence car le Président russe, donnant-donnant, a profité de cet entretien pour demander que les Etats-Unis n’encouragent pas la « politique destructrice » de Tbilissi. Parallèlement, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, voguait pour le Proche-Orient où elle compte s’assurer de l’appui de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, de la Jordanie et des pays du Golfe, tous inquiets de la montée en puissance de l’Iran et de ses ambitions nucléaires. Un an juste après s’être assigné pour objectif la démocratisation de ces pays, Condoleezza Rice va, autrement dit, leur demander de faire front, tels qu’ils sont, avec les Etats-Unis et les grandes puissances pour ramener Téhéran à la Raison. Une grande alliance se cherche. Elle pourrait réunir, à terme, les grandes puissances, Israël et les régimes sunnites, tous poussés à un rapprochement par la menace iranienne mais les pays arabes, donnant-donnant eux aussi, insisteront auprès de la secrétaire d’Etat pour que l’Amérique s’engage vraiment à promouvoir un règlement israélo-palestinien, ce que souhaitent également les Européens. Après Riad et le Caire, Condoleezza Rice est attendue à Jérusalem et Ramallah. L’intransigeance iranienne fait tout bouger dans la région et jusqu’au Caucase mais, loin d’être jouée, d’aucun point de vue, la partie sera encore longue.

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