Où l'on voit que les islamistes du Hamas, asphyxiés à Gaza, s'inclinent devant les modérés du Fatah.

 Ismail Haniyeh a rencontré Khaled Fawzi à Gaza le 3 octobre 2017
Ismail Haniyeh a rencontré Khaled Fawzi à Gaza le 3 octobre 2017 © AFP / MAHMUD HAMS

C’était une condition non pas suffisante mais sine qua non. Pour qu’on puisse seulement rêver que des négociations de paix se rouvrent un jour entre Israéliens et Palestiniens, il fallait d’abord que les deux grandes forces palestiniennes, les islamistes du Hamas et les modérés du Fatah, se réconcilient et cela, mais oui, paraît en cours.

Alors que la Hamas avait pris en 2007 le contrôle de la Bande de Gaza et la gouvernait seul depuis cette date, il a désormais accepté de s’effacer devant le président et le gouvernement de l’Autorité palestinienne qui elle siège à Ramallah, en Cisjordanie, sous la direction du Fatah.

Le Premier ministre palestinien a été reçu hier à Gaza. Ses services devraient maintenant reprendre la main sur cette bande côtière qui constitue l’autre partie des Territoires palestiniens. La donne change, du tout au tout, puisque les islamistes renoncent ainsi à l’avantage qu’ils s’étaient donné il y a dix ans mais pourquoi le font-ils ? Pourquoi consentent-ils à un tel geste ?

La réponse est qu’ils étaient dans l’impasse.

Israël organise un quasi blocus de Gaza depuis 2007 et à la frontière Sud, l’unique autre frontière, celle qui sépare Gaza de l’Egypte, le maréchal Sissi a lui aussi bouclé la trappe. Organisateur du coup d’Etat qui avait renversé le président islamiste élu dans la foulée des printemps arabes, le nouveau président égyptien n’a aucune sympathie pour les Frères musulmans dont était issu son prédécesseur et dont le Hamas est la branche palestinienne. Le maréchal Sissi en veut d’autant plus au Hamas qu’il a tenté de s’opposer à lui en soutenant les forces islamo-criminelles qui agitent le Sinaï.

Gaza était ainsi pris dans un étau israélo-égyptien auquel s’ajoutaient les pressions financières de l’Autorité palestinienne qui ne voulait plus ni régler la facture d’électricité de la Bande ni payer les salaires de ses fonctionnaires. Les islamistes devaient composer. Ils avaient commencé à le faire dès le mois de mai en mettant un modéré à leur tête, Ismaïl Haniyeh, et en acceptant – c’était totalement nouveau – l’idée d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 et non plus sur toute l’ancienne Palestine, Israël compris.

Même s’il n’avait pas de conséquences pratiques, ce tournant était spectaculaire et voilà maintenant que le Hamas s’incline devant le Fatah, se range derrière l’organisation qui était celle de Yasser Arafat et qui entend jeter les bases d’une coexistence entre deux Etats.

Cela ne signifie pas qu’on aille vers une relance des négociations de paix. On en est encore extrêmement loin. Il faudra d’abord voir si cette réconciliation palestinienne se confirme ou pas. Il faudrait surtout que le gouvernement israélien le veuille mais un obstacle, au moins un, vient d’être levé.

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