Ce fut longtemps le leitmotiv de la droite israélienne. Il n’y a pas de partenaire pour la paix, disait-elle, mais à l’ouverture, hier, des pourparlers israélo-palestiniens, Benjamin Netanyahou, Premier ministre du gouvernement le plus à droite de l’histoire israélienne, a qualifié de « partenaire » le président palestinien Mahmoud Abbas. Le seul emploi de ce mot aurait suffit à montrer que le ton change, que la musique n’est plus la même et que l’échec de ces négociations n’est pas aussi écrit qu'on le dit mais, depuis trois jours, il n’y eut pas qu’un mot pour montrer que les choses bougent. Mardi, le Hamas avait revendiqué l’assassinat de quatre colons israéliens de Cisjordanie. Mercredi, un nouvel attentat islamiste en a blessé deux autres. Le Hamas ne se cache pas de vouloir ainsi tuer dans l’œuf toute tentative d’accord et, il y a peu de temps encore, il y serait parvenu, sans plus de difficultés. Les Israéliens auraient suspendu toute discussion au motif qu’on ne discute pas tant que les violences se poursuivent mais, là, c’est le contraire qui s’est produit. En étroite coopération avec les Israéliens, l’Autorité palestinienne a immédiatement fait procéder à plusieurs centaines d’arrestations dans les milieux islamistes. Mahmoud Abbas a déclaré, devant Benjamin Netanyahou, qu’il considérait « la sécurité comme essentielle et vitale tant pour vous que pour nous ». « Nous n’accepterons pas que quiconque commette des actes contre votre sécurité et la nôtre », a-t-il ajouté et le Premier ministre israélien l’en a publiquement remercié. C’était le deuxième changement mais ce n’est pas tout. Il y eut aussi, ces phrases extrêmement positives de Benjamin Netanyahou lorsqu’il a parlé de la nécessité de « concessions douloureuses des deux parties », de « reconnaissance mutuelle », de « paix véritable et durable », et dit : « Je respecte le désir de souveraineté de votre peuple et suis convaincu qu’il est possible de le concilier avec les besoins de sécurité d’Israël ». C’est à ce moment-là que Mahmoud Abbas a publiquement levé un pouce approbateur en sa direction avant que les entretiens à huis-clos ne commencent, d’abord en présence d’Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, puis en tête-à-tête. Alors ? Alors, tout reste à faire mais, pour un début, on aurait pu imaginer pire, plus froid, plus distant, et ce premier round s’est achevé sur deux annonces importantes. La première est que les deux dirigeants sont convenus de se voir tous les 15 jours, personnellement, comme l’avait proposé Benjamin Netanyahou, et la seconde est que le premier de ces rendez-vous aura lieu les 14 et 15 septembre, vraisemblablement en Egypte. Les deux choses sont importantes puisque le Premier ministre s’empare ainsi de ces négociations au lieu de les laisser à ses diplomates et qu’on voit, a priori, mal ces deux hommes se retrouver le 14 septembre pour rompre tout le 26, date à laquelle s’achèvera le gel temporaire de la colonisation israélienne sans la prolongation duquel les Palestiniens se retireront des négociations. Le succès n’est pas écrit mais l’échec l’est encore moins.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.