Peut-être saura-t-il changer la donne. Peut-être la convention démocrate qui s’ouvre demain et le discours qu’il y prononcera en clôture, jeudi, redonneront-ils un allant à Barack Obama mais, pour l’heure, l’alternative qui s’offre aux Américains n’est pas précisément exaltante.

D’un côté, Mitt Romney, le candidat républicain, leur propose d’en revenir aux politiques de régulation qui avaient précipité les Etats-Unis et le monde dans la crise financière de 2008, celle-là même dans laquelle la majeure partie de la planète, Chine comprise, continue de se débattre. Ce n’est que réduction des dépenses publiques -sauf celles de la Défense- refus de plus imposer les plus riches, abolition de la couverte santé pour tous que Barack Obama avait su faire adopter et coupes sombres dans tous les programmes sociaux et environnementaux, voire leur suppression pure et simple.

Non seulement Mitt Romney veut encore réduire le rôle de l’Etat pour rendre une pleine liberté à cette « main invisible du marché » dont il loue les bienfaits comme si l’on n’avait pas assez vu à quel point elle coure aux profits les plus obscènes et les plus immédiats sans aucun souci du bien commun mais, brandissant sa famille et sa foi, il voudrait aussi revenir, en plus, sur ce « libre choix », celui d’interrompre ou non une grossesse, que les Américaines ont déjà tant de mal à défendre.

L’Etat devrait s’effacer en économie mais gouverner la vie privée des individus. C’est le sabre, la finance et le goupillon, la loi de la jungle et l’ordre moral, mais le fait est que Barack Obama n’a jusqu’à présent pas su proposer un autre contrat social aux Américains. On entend bien qu’il n’est rien de ce que défend son adversaire, qu’il s’inscrit au contraire dans la lignée de Roosevelt, de la redistribution des richesses et de la défense des plus pauvres et des classes moyennes de l’Amérique généreuse contre celle de l’égoïsme social, mais il est sur la défensive car le taux de chômage reste élevé, plus de 8%, et les déficits vertigineux.

Le legs de la crise provoquée par les outrances libérales et les deux mandats de Georges Bush pèse sur le bilan du président sortant, bride l’enthousiasme de ses partisans et en réduit le nombre alors que Mitt Romney, en ayant fait la synthèse des courants les plus à droite du parti républicain, des exigences de l’argent et du conservatisme le plus réactionnaire, peut promettre la lune en matière d’emploi et la « restauration » de la puissance américaine sans jamais dire comment il opérera ces miracles.

Alors ? Qui l’emportera ?

On ne sait pas. Les sondages donnent les deux candidats au coude-à-coude, quelques points d’écart en faveur tantôt de l’un tantôt de l’autre. A deux mois et trois jours du 6 novembre, le suspens est entier car, si les électeurs tendent à plus faire confiance à Mitt Romney pour rétablir l’économie et juguler le chômage, ils continuent d’avoir une forte empathie personnelle pour Barack Obama alors que, même à droite, ils n’en ont pas pour son concurrent. C’est une élection ouverte, très incertaine et qui se jouera largement dans le discours de jeudi et les trois débats télévisés des 6, 16 et 21 octobre.

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