C’était hier la Grèce. C’est toujours l’Ukraine. C’est aujourd’hui l’afflux des réfugiés et migrants et force est ainsi de constater que les crises auxquelles l’Union européenne est confrontée ne cessent dese multiplier, de se rapprocher et de prendre toujours plus d’ampleur .

Il y a plusieurs raisons à cela. L’une est qu’une menaçante instabilité grandit aux frontières méridionales et orientales de l’Union alors qu’elle n’a pas les moyens de se défendre et qu’une angoisse montante saisit donc les Européens, leurs gouvernements comme leurs citoyens. L’autre est que les politiques d’ajustement budgétaire imposées à l’Union par des gouvernements majoritairement conservateurs sont de plus en plus impopulaires , contestées et contestables, que ces politiques, à tort mais c’est ainsi, sont désormais assimilée à l’idée même d’unité européenne et que de grandissantes minorités d’électeurs sont, en conséquence, toujours plus tentées d’en revenir aux États nations, à leurs frontières et leur chacun pour soi.

L’autre encore est que les institutions de l’Union sont bien trop illisibles pour que même les plus avertis de ses citoyens puissent y comprendre quoi que ce soit mais la principale raison de ce climat de crise est que l’Union est au milieu du gué. Elle a une monnaie unique, des règles économiques et des frontières communes, des traités qui lient ses États dans des domaines toujours plus nombreux et essentiels. Parce qu’ils l’ont voulu, l’Union a déjà largement pris le pas sur les gouvernements nationaux qui décident aujourd’hui ensemble, à la majorité, en Conseil européen. L’Union est une fédération en devenir mais sans gouvernement élu et responsable devant ses électeurs, sans véritable budget et sans politiques fiscales et sociales communes. Parce qu’on attend tout d’elle, l’Union doit, en un mot, répondre à des défis toujours plus grands alors qu’elle n’en a pas les moyens, pas plus institutionnels que financiers .

Mais elle ne va pas dans le mur car les Européens auraient trop à y perdre et le savent, mais elle s'essouffle et perdra bientôt pied si elle n’est pas rapidement refondée . François Hollande, Angela Merkel et Emmanuel Macron prônent l’organisation de la zone euro en union politique au sein de l’Union, en avant-garde d’une unité plus profonde. Français et Allemands ont raison. Le plus tôt serait le mieux mais c’est là du long terme, de l’abstrait, de l’institutionnel alors que l’urgence est de redonner un sens à l’ambition européenne, de dire ses atouts et ses difficultés, les dangers qui la menacent et sa nécessité, d’y mettre du lyrisme, oui, ce lyrisme visionnaire dont la politique est aujourd’hui si terriblement démunie , et de répondre à des besoins concrets, incontestés et incontestables.

Deux exemples, parmi bien d’autres. L’Europe a besoin d’uneDéfense commune et d’Universités d’excellence internationale capables de rivaliser avec Harvard ou Princeton. Non seulement ça ne coûte pas cher mais cela ferait faire des économies. Cela répondrait à de vraies et fortes attentes Militaires et universitaires seraient à fond pour. Alors question : qu’attendons-nous ?

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