Où l'on voit que le conflit israélo-arabe cède le pas à la guerre des deux Islalm

Le roi, son père, l’a vite corrigé. Non pas seulement un Etat palestinien mais « avec Jérusalem pour capitale », a-t-il précisé après que le prince héritier eut déclaré que « les Palestiniens et les Israéliens avaient le droit d’avoir leur propre terre (car) chaque peuple a le droit de vivre dans sa nation ». 

Mise au point paternelle ou pas, l’homme fort d’Arabie saoudite, le jeune Mohammed ben Salmane, vient ainsi de reconnaître le droit des Israéliens à un Etat nation, autrement dit à un « Etat juif »

Jamais l’Arabie saoudite n’était allée aussi loin dans son rapprochement avec Israël et ce n’est évidemment pas par hasard qu’elle a franchi ce pas la semaine même où les présidents turc et russe se retrouvent, aujourd’hui à Ankara, avec Hassan Rohani, président de cet ennemi commun des Saoudiens et des Israéliens qu’est la République islamique d’Iran. 

Au Proche-Orient, toutes les cartes se rebattent mais commençons par ce front saoudo-israélien dont la naissance remonte, en fait, à 2002, année où le roi Abdallah avait proposé aux Israéliens la reconnaissance de leur Etat par l’ensemble des pays de la Ligue arabe en échange de la constitution d’une Palestine indépendante sur les Territoires occupés par Israël depuis 1967, Jérusalem Est comprise. 

Les Israéliens avaient alors fait la sourde oreille mais, quatre ans plus tard, les services saoudiens et israéliens entamaient une étroite collaboration après qu’Israël eut échoué, en 2006, à écraser le Hezbollah libanais, armé et financé par l’Iran. Face à Téhéran, Ryad et Jérusalem avaient alors ressenti le besoin de se serrer les coudes et depuis que l’Iran et la Russie ont permis au régime syrien de reprendre la main, ce besoin est encore plus évident puisque les missiles iraniens menacent aussi bien l’Arabie saoudite qu’Israël.

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