Brexit, Iran et Arabie saoudite, beaucoup de choses vont bouger d'ici le week-end

En Europe comme au Proche-Orient, les jours à venir vont peser lourd. En Europe, d’abord, on devrait savoir aujourd’hui si l’Union européenne et le Royaume-Uni se sont ou non mis d’accord sur les conditions financières et juridiques de leur séparation. 

        Si tel était bien le cas, le sommet européen de la semaine prochaine devrait alors décider d’ouvrir la deuxième phase des négociations de divorce, la plus importante puisqu’elle porterait sur la nature des futures relations entre Londres et l’Union. 

        Tout dépendra là des Britanniques qui auront à choisir entre deux types de statuts très différents, dits « norvégien » ou « canadien ». Dans l’un, la Grande-Bretagne entretiendrait avec l’Union les mêmes relations que la Norvège, l’Islande et le petit Lichtenstein qui ont un plein accès au marché européen parce qu’ils en acceptent les règles bien qu’ils ne puissent pas peser sur leur définition. Les Britanniques devraient alors se conformer à la législation de l’Union sans plus avoir leur mot à dire. 

Ce serait assez paradoxal mais l’autre statut, le « canadien », celui d’un partenaire commercial aussi totalement étranger à l’Union que l’est le Canada, demanderait des années de négociation avant de pouvoir déboucher sur un traité acceptable par les deux parties. Pour les Britanniques qui ont un besoin vital du marché européen, ce serait long. Pour eux, le choix sera donc difficile, tellement difficile qu’un sondage publié hier indique que la moitié d’entre eux serait favorable à un nouveau référendum et que Tony Blair vient d’estimer que le « Brexit était réversible ». 

Le Proche-Orient maintenant. 

Tout y bouge, et spectaculairement. Les choses bougent, d’abord, au Yémen où l’ancien président Saleh vient de rompre avec les rebelles Houthis, les alliés de l’Iran, et de tendre la main à l’Arabie saoudite qui combat cette rébellion chiite depuis près de trois ans à coup de bombardements aveugles. Ryad et les monarchies sunnites marquent là un point appréciable contre les Iraniens et, deuxième évolution, parallèle et tout aussi soudaine, ces mêmes monarchies semblent se rapprocher du Qatar qu’elles avaient placé sous blocus économique en lui reprochant ses trop bonnes relations avec l’Iran.

L’émir du Qatar devrait participer demain à un sommet du Conseil de coopération du Golfe. C’est au moins une détente qui pourrait ainsi s’amorcer alors qu’Emmanuel Macron se rend jeudi dans l’émirat avec lequel il entretient d’aussi bonnes relations qu’avec l’Arabie saoudite. 

Là non plus l’Iran n’aurait pas de raisons de se réjouir de cette évolution et puis, enfin, il y a Jérusalem que Donald Trump pourrait reconnaître cette semaine - mais il entretient le suspense – comme la capitale d’Israël. Là, ce serait vraiment le coup de tonnerre.  

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