« Ce n’est ni la fin ni l’échec de ces pourparlers », assure Stefan de Mistura, l’émissaire de l’Onu qui est en charge de leur organisation. Cela y ressemble pourtant fort car, à demi ouvertes ce week-end, les négociations de Genève sur la Syrie sont suspendues depuis hier, jusqu’à la date du 25 février.

Elles le sont parce qu’aucune des demandes que l’opposition voulait voir satisfaites avant d’entrer en discussions avec le régime ne l’a été. Il n’y a pas eu de libération des femmes et des enfants détenus dans les prisons de Bachar al-Assad. Le siège de la quinzaine de villes dont l’armée syrienne affame la population n’a pas été levé et les Russes ont très officiellement déclaré qu’ils n’arrêteraient pas, non, leurs bombardements puisqu’ils ne visent, disent-ils, que les groupes djihadistes.

L’opposition ne pouvait que répéter que, sans ces gestes de bonne volonté, toute négociation serait vaine. Stefan de Mistura ne pouvait plus faire semblant que des discussions soient en cours mais la date qu’il a fixé à leur très éventuelle reprise ne doit rien au hasard.

Entre temps, toutes les puissances intéressées à ce conflit se seront à nouveau réunies le 11 février, à Munich, et auront eu encore deux semaines pour affiner une position commune, si toutefois elles en trouvent une.

Il n’est pas impossible qu’elles y parviennent mais à une condition, sine qua non, qui est que Vladimir Poutine fasse preuve de lucidité en ne voulant pas pousser trop loin son avantage.

Après avoir échoué durant trois mois à modifier les lignes de front, les frappes russes ont maintenant permis à l’armée syrienne de regagner du terrain, autour d'Alep notamment. Bachar al-Assad en est militairement conforté et c’est en meilleure position qu’il pourrait aborder, le jour venu, des négociations avec l’opposition.

C’est la raison pour laquelle les Russes ne veulent pas encore cesser ou même réduire leurs frappes mais que se passerait-il s’ils en venaient à réellement menacer l’insurrection d’une défaite ?

Arabie saoudite en tête, les pays sunnites fourniraient aux insurgés les armes, missiles sol-air compris, dont ils auraient besoin pour relever le gant et la Russie se retrouverait durablement engagée au Proche-Orient, face au monde sunnite.

Ce ne serait pas précisément raisonnable pour un pays dont les difficultés économiques s’accroissent de jour en jour. C’est pour cela qu’il n’est pas inconcevable que Vladimir Poutine finisse par ouvrir la voie d’un compromis mais on n’y est pas encore. Alors que faire en attendant ?

A part compter les morts au large des côtes grecques et dans les villes syriennes, pas grand-chose hélas, sauf une chose peut-être.

Des villes assiégées meurent de faim, littéralement parlant. Rien n’empêcherait d’aller leur parachuter vivres et médicaments. France en tête, les Européens le pourraient et ce serait autrement plus digne et efficace que de relever leurs frontières intérieures et faire bientôt imploser l’Union.

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