En ce début d’année, une seule chose semblait à peu près sûre au Proche-Orient. Entre l’évacuation de Gaza, le net recul des violences et la formation d’un nouveau parti centriste par Ariel Sharon après qu’il eu rompu avec le Likoud, jamais les espoirs de compromis n’avaient semblé aussi grands entre Israéliens et Palestiniens. Tout semblait devenir possible, même un accord de partage de Jérusalem mais tout reposait sur les épaules d’un homme, un seul, Ariel Sharon, seul capable de réunir une majorité stable aux élections du printemps prochain et de concrétiser, donc, ces espoirs. Or cet homme, victime d’une légère attaque avant Noël et qui devrait subir demain une intervention cardiaque bénigne mais demandant tout de même une anesthésie générale est accusé, depuis hier, de corruption par la police israélienne. L’affaire est extrêmement embrouillée. Rien n’est avéré mais la police affirme détenir des preuves pouvant démontrer que le Premier ministre et ses fils auraient reçu des versements d’un montant de trois millions de dollars dans le cadre d’un financement occulte de la campagne électorale de 1999, celle qui avait porté Ariel Sharon au pouvoir. Aussitôt que ces accusations ont été connues, de nombreuses voix se sont élevées, à droite et à gauche, pour demander une inculpation du Premier ministre. L’émotion est grande. La crise est sérieuse et, si Ariel Sharon n’arrivait pas à l’enrayer, si elle se développait au contraire, le chaos politique qui s’ensuivrait pourrait compromettre les perspectives de paix, le seul élément de stabilisation d’une région où les foyers de tension se multiplient. Il y a, bien sûr, l’Irak. En Irak, les violences ne cessent pas malgré le progrès qu’avait marqué la participation des sunnites aux élections législatives de décembre et tout indique que la proclamation des résultats de ce scrutin confirmera l’éclatement communautaire du pays entre régions kurdes, chiites et sunnites. Rien n’est réglé en Irak. Les difficultés y demeurent d’autant plus grandes que cette aventure affaiblit chaque jour plus Georges Bush sur sa scène intérieure mais il n’y a pas que l’Irak. Il y a aussi la Syrie où le séisme provoqué par l’assassinat, l’année dernière, de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri n’en finit plus d’ébranler le régime en place. Non seulement le pouvoir syrien est confronté à l’enquête ouverte par le Conseil de sécurité des Nations Unies mais des batailles de clans le minent maintenant si bien que son avenir est en question alors même qu’il n’y a pas d’autre opposition solide que les islamistes. Et puis il y a l’Iran. Là-bas, l’extrémisme triomphe à l’ombre du nouveau Président, Mahmoud Ahmadinejad, qui parait vouloir redonner à son pays son rôle perdu de chef de file de l’islamisme. Tout se passe comme si ce Président pariait sur un total échec des Etats-Unis en Irak et un ébranlement régional dans lequel il voudrait déjà se positionner. Loin de tempérer ses déclarations sur la nécessité de rayer Israël de la carte, il en fait donc un refrain et vient de déclarer qu’il ne ferait pas « un pas en arrière » sur les ambitions nucléaires de l’Iran.

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