Il y a un point, le seul, sur lequel les grandes puissances s’accordent aujourd’hui. Toutes considèrent que, dans le chaos croissant du Proche-Orient, il n’y aurait pas de plus grande urgence que de parvenir à relancer un processus de paix israélo-palestinien afin de circonscrire la crise irakienne. Georges Bush lui-même, à la mi-décembre, a encouragé Tony Blair à tenter de faire bouger les choses mais y a-t-il le moindre espoir que quiconque y parvienne cette année ? A priori, la réponse est non. Rien ou presque ne le laisse croire et cela pour trois raisons. La première est que les Palestiniens n’en finissent plus de s’entredéchirer entre, d’un côté, leur Président, Mahmoud Abbas, qui voudrait parvenir à un accord avec Israël mais a peu de pouvoir, et, de l’autre, les islamistes du Hamas, aux commandes gouvernementales mais toujours résolument hostiles à une reconnaissance d’Israël. Israël, en deuxième lieu, est gouverné par un Premier ministre affaibli par l’échec de la guerre du Liban, éclaboussé par des affaires de corruption et qui réunit contre lui deux tiers de mécontents. La marge de manœuvre d’Ehud Olmert en est d’autant plus réduite que les Israéliens constatent, chaque jour, que l’évacuation de Gaza a fait de ce territoire une rampe de lancement d’obus sur leurs agglomérations les plus proches. Et puis, enfin, le dernier mot revient immanquablement aux plus radicaux des islamistes car, chaque fois qu’un élément de détente pourrait intervenir, ils s’arrangent pour tuer l’espoir comme ils l’avaient fait, au début de l’été, avec les enlèvements de soldats israéliens. Alors ? Plus qu’à désespérer ? Non. Ce serait oublier la complexité d’une situation autrement plus mouvante qu’il n’y paraît. Côté palestinien, d’abord, l’intransigeance du Hamas est à relativiser car les responsabilités gouvernementales ont ouvert un débat en son sein en l’obligeant à des résultats. Sous peine de se discréditer, les islamistes doivent améliorer le sort des Palestiniens, leur donner du travail, un espoir et obtenir des libérations de prisonniers - autrement dit négocier avec Israël, ce qu’ils font par l’intermédiaire de l’Egypte. Côté israélien, non seulement Ehud Olmert reste attaché à l’idée de nouveaux retraits des Territoires occupés mais sa ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, bat tous les records de popularité alors même qu’elle prône de rompre avec le dogme selon lequel il ne pourrait pas y avoir de négociations tant que dureront les violences. Violences ou pas, elle veut négocier avec Mahmoud Abbas la constitution d’un Etat palestinien à l’intérieur de frontières de sécurité provisoires, ramener ainsi le calme et aller ensuite vers un règlement global. En Israël, Mme Livni est la femme qui monte et puis enfin, tout comme les grandes puissances, les régimes arabes veulent la paix, une paix définitive, comme antidote à la radicalisation de la région. C’est pour cela que le Président égyptien reçoit aujourd’hui Ehud Olmert.

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