Chacun la souhaite, bien sûr, meilleure que la précédente mais l’année nouvelle sera avant tout incertaine.

Elle le sera d’abord en Europe puisqu’en 2016, l’un des trois plus grands pays de l’Union, la Grande-Bretagne, pourrait bien décider d’en sortir par référendum.Ce n’est pas joué. Ca ne l’est pas car, contrairement aux Français en 2005, les Britanniques n’auront pas à se prononcer sur un nouveau traité mais sur leur appartenance même à l’Union européenne. L’enjeu est d’une tout autre taille mais les sondages indiquent aujourd’hui une montée des intentions de vote en faveur du Brexit, du british exit, d’une sortie britannique de l’Union.

Si cette tendance ne s’inversait pas, les 28 devenus 27 se trouveraient face à une situation d’autant plus difficile à gérer qu’elle donnerait du muscle à toutes les nouvelles extrêmes-droites europhobes et que la majorité conservatrice arrivée au pouvoir en Pologne à l’automne dernier ouvre un nouveau front dans l’Union en s’éloignant à grands pas, comme la Hongrie déjà, des principes démocratiques sur lesquels est fondée l’unité européenne.

L’hypothèse d’une progressive désagrégation de l’Europe devient plausible mais, à l’inverse, si celui des peuples européens qui a toujours été le moins enthousiasmé par l’unité européenne décidait finalement de ne pas lui tourner le dos, preuve serait faite que cette unité est maintenant irréversible car aucune déception ne saurait avoir raison de tant d’acquis fondamentaux.

On ne sait pas et la deuxième incertitude de l’année est proche-orientale car il y a un fragile espoir de règlement en Syrie.

La feuille de route adoptée le 14 novembre dernier par les grandes puissantes, les pays sunnites et l’Iran chiite est maintenant devenue une résolution du Conseil de sécurité prévoyant l’ouverture, à la fin de ce mois, de négociations entre le pouvoir et l’opposition, des modification constitutionnelles et l’organisation, sous dix-huit mois, d’élections conduisant forcément au départ de Bachar al-Assad.

Il y a des raisons d’y croire puisque l’opposition a réussi à s’unir en vue de ces pourparlers et que la Russie, comme l’Iran d’ailleurs, aurait intérêt à un compromis car la baisse des cours du pétrole ne lui permet plus un engagement militaire de longue durée dans ce conflit. L’impossible devient possible en Syrie mais la constante dégradation des relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite et la rupture, désormais de leurs relations diplomatiques peuvent tout aussi bien tuer cet espoir avant même qu’il ne se concrétise.

Quant à la troisième incertitude de 2016, elle est américaine?

Elle est américaine. Si Donald Trump continue à faire la course en tête des primaires républicaines et décroche l’investiture de son parti, Hillary Clinton sera élue présidente des Etats-Unis car les plus modérés des conservateur se reporteront sur elle. Si l’un des rivaux de Donald Trump finissait, au contraire, par l’écarter, l’élection de novembre redeviendrait aussi incertaine que les sorts du Proche-Orient et de l’Europe.

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