C’est dans seize jours que Donald Trump prend les commandes de la première puissance économique et militaire du monde mais personne ne sait encore ce qu’il entend en faire…

Plus que 16 jours avant que la présidence de Donald Trump ne commence.
Plus que 16 jours avant que la présidence de Donald Trump ne commence. © Reuters / Jonathan Ernst

Ériger un mur ?

Il a promis d’ériger un mur à la frontière du Mexique et de faire expulser tous les immigrés clandestins. L’agence Reuters annonçait hier que l’équipe présidentielle s’enquerrait auprès des services concernés des conditions financières et matérielles dans lesquelles cela pourrait se faire. Peut-être Donald Trump passera-t-il à l’acte mais ce mur reviendrait alors à plus de onze milliards de dollars au Trésor américain, des centaines de milliers de postes dont les Américains ne veulent pas ne seraient plus pourvus et il faudrait créer d’immenses centres de rétention et interpeller d’innombrables enfants dans les écoles dont l’administration Obama leur a ouvert les portes. Est-ce imaginable ? Mystère.

Abroger l'Obamacare ?

Le candidat Trump s’était également engagé à faire abroger l’Obamacare, la loi de Barack Obama généralisant la couverture médicale. Mike Pence, le futur vice-président, s’entretient aujourd’hui de ce projet avec la majorité républicaine du Congrès. Elle y est ardemment favorable mais il faudrait, pour cela, retirer à vingt millions d’Américains une protection essentielle et même vitale qu’ils venaient juste d’obtenir. Est-ce vraiment imaginable ? Mystère.

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Un retour au laisser-faire ?

Donald Trump a aussi annoncé qu’il reviendrait sur la quasi-totalité des réglementations financières et environnementales introduites par Barack Obama. Ce serait le retour au laisser-faire qui avait provoqué la crise de 2008 et un très rude coup porté à la lute contre le réchauffement climatique. Est-ce imaginable ? Eh bien là, oui. C’est tellement imaginable que les bourses ont déjà anticipé ce changement dont Ford a remercié, hier, le président élu en renonçant à la délocalisation d'une usine.

Quelle équipe gouvernementale ?

Donald Trump a composé une équipe gouvernementale où les conflits d’intérêts sont aussi nombreux qu’invraisemblables et dont le secrétaire d’Etat, le futur chef de la diplomatie américaine, entretient des liens étroits avec Vladimir Poutine. Est-il imaginable que le Sénat avalise ces nominations qui en suffoquent plus d’un, jusque dans les rangs républicains ? Ce ne sera pas facile. Ça tanguera mais le président élu ne fait pas mystère de sa volonté de faire marcher au pas sa majorité parlementaire.

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Quelle politique étrangère ?

Donald Trump le veut et le martèle contenir l’influence de la Chine en Asie et entraver sa présence sur le marché américain mais par quels moyens alors que la Chine n’est pas exactement Chypre ou Monaco ? Il ne l’a pas dit. On ne le sait pas, tout comme on ignore tout des termes du deal auquel il voudrait parvenir avec la Russie et s’il veut vraiment, entre autres, mettre en question l’Alliance atlantique pour obtenir des Européens qu’ils financent leur Défense ou faire transférer de Tel-Aviv à Jérusalem, sans condition aucune, l’ambassade américaine en Israël. Le mystère Trump ne s’éclaircit pas. Il s’épaissit.

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