Recep Erdogan, le président turc, sera reçu demain à l’Elysée.

Recep Erdogan, le président turc, sera reçu demain à l'Elysée
Recep Erdogan, le président turc, sera reçu demain à l'Elysée © AFP / Ludovic Marin

Recep Erdogan, le président turc, sera reçu demain à l’Elysée. En Turquie comme en France, beaucoup en seront choqués puisque cet homme a fait une dictature d’un pays évoluant vers la démocratie mais Emmanuel Macron s’apprête à surprendre plus encore puisqu’il a réitéré, hier, sa volonté de se rendre en Iran sitôt qu’y sera rétabli "un calme respectueux des libertés". 

Oui, tout cela gêne car on préférerait voir la France tenir la dragée haute à de tels régimes. On en serait plus à l’aise et plus fier, mais la vraie question est de savoir où en sont l’Iran et la Turquie et si l’on peut ou non tenter de peser sur leur évolution.

En Turquie, la croissance économique aura été d’environ 7% en 2017 mais cet excellent résultat ne peut faire oublier le maintien d’un taux de chômage élevé, la bulle immobilière qui menace le secteur bancaire et la constante dégringolade de la monnaie nationale, la Livre, victime d’une crise de confiance due à la situation politique. Devenu tout aussi erratique que répressif, Recep Erdogan s’essouffle dans les sondages qui le donnent même perdant, à la prochaine présidentielle, contre Meral Aksener, une ancienne ministre de l’Intérieur, pieuse mais en cheveux, qui se réclame de l’Europe et de la démocratie. 

Ces sondages sont un signe. Recep Erdogan lasse jusque dans son propre parti et ne sait surtout plus à quel saint se vouer car il s’est fâché avec les Etats-Unis en se rapprochant de l’Iran et de la Russie et n’a plus d’alliés dans le monde arabe. Il voudrait en conséquence recoller les morceaux avec l’Europe et s’est mis en si mauvais termes avec les Allemands que c’est à la porte française qu’il vient frapper. 

Il est, en un mot, demandeur et les dirigeants iraniens ne le sont pas moins car ils craignent, à juste titre, que Donald Trump ne veuille torpiller le compromis nucléaire scellé par Barack Obama et rétablir des sanctions économiques contre leur théocratie afin d’y accroître des tensions intérieures qui, comme on le voit aujourd’hui, sont profondes. Avec à sa tête le Président de la République, le très pragmatique Hassan Rohani, toute l’aile modérée du régime cherche donc désespérément l’appui des Européens et, au premier chef, de la France pour sauver le compromis nucléaire de 2015. 

Avec Recep Erdogan comme avec Téhéran, il y a matière à négociations et, si rien ne garantit leur succès, il vaut mieux tenter de les ouvrir que laisser la Turquie tomber dans l’escarcelle de M. Poutine et l’Iran aux mains d’ultras qui ne rêvent que de durcir la répression et d’accentuer la projection de l’ancienne Perse dans le monde arabe. Quand cela peut changer la donne, il faut parler aux dictatures et, en même temps, leur dire leur fait.     

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