Cette chronique s’interrompt aujourd’hui jusqu’au 25 août. D’ici là, la donne internationale aura probablement beaucoup changé puisqu’il est notamment possible, non pas du tout certain mais possible, que l’Iran et les grandes puissances parviennent, à la fin de ce mois, à un compromis sur la question nucléaire.

Les réformateurs en seraient alors confortés à Téhéran. L’Iran reprendrait sa place dans l’économie mondiale et les Etats-Unis et l’Europe pourraient bientôt envisager de travailler avec lui à l’apaisement des crises proche-orientales. C’est certainement à souhaiter mais quels sont, en attendant, les événements qui auront le plus marqué la scène internationale depuis l’été 2013 ?

Le premier est la dérobade des Etats-Unis face à la crise syrienne. En annulant, à la dernière minute, une opération de représailles qu’il allait mener avec la France contre les installations militaires de Bachar al-Assad, en laissant ainsi impuni l’usage d’armes chimiques par ce régime, Barack Obama n’a pas seulement donné à voir que les Etats-Unis ne veulent plus être le gendarme du monde. Ils veulent se désengager d’Europe et du Proche-Orient et concentrer leurs forces en Asie pour ne pas abandonner ce continent à la Chine.

C’est toute la face du monde qui en est changée et qui en changera toujours plus et, dans l’immédiat, c’est cette dérobade qui a provoqué la marginalisation des forces modérées de l’insurrection syrienne, donné une primauté aux fanatiques de l’Etat islamique et permis leur spectaculaire progression en Irak où leur mainmise sur les régions sunnites est en train de faire exploser ce pays. Toutes les frontières du Proche-Orient en sont menacées. Cette région se balkanise sur des lignes ethnico-religieuses. Nul ne sait encore combien de temps cette implosion durera et qu’elle en sera l’aboutissement mais c’est là, sans conteste, le fait majeur de ces dix derniers mois.

Le deuxième est la résurrection de la Russie comme acteur international. Russia is back. La Russie est de retour au Proche-Orient où elle a empêché la chute de Bachar al-Assad et, surtout, en Europe où elle repris la Crimée à l’Ukraine et continue de soutenir les séparatistes des régions orientales de cet ancien vassal dont elle n’entend pas perdre le contrôle politique. La Russie est redevenue un problème en Europe mais, plus dure cette crise, plus il apparaît que le Kremlin ne veut pas risquer une confrontation avec l’Union mais établir avec elle un rapport de forces dont la définition pourrait être la première étape de la recherche d’une coopération entre ces deux piliers du continent.

Comme le désengagement américain, ce bras de fer place l’Union européenne devant le choix d’être ou ne de pas être. Au moment même où un si grand nombre de ses citoyens la rejette, l’évolution du monde l’oblige à exister et, troisième des faits les plus marquants de l’année politique, ses dirigeants paraissent l’avoir compris puisqu’ils s’orientent enfin vers une démocratisation de son fonctionnement et l’évolution de ses politiques de rigueur. C’est le plus fondamental et le meilleur des changements en cours, celui dont les développements feront, l’année prochaine, une grande part de l’actualité.

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