L'unité européenne est aujourd'hui fichue, à moins que tous ses partisans ne fassent front. Troisième volet de notre bilan de l'année internationale.

Tout est fichu, se dit-on. Pour l’unité européenne, on le constatait hier dans ce bilan de l’année internationale, tout parait fichu car les deux grandes forces politiques qui la défendaient, la démocratie-chrétienne et la social-démocratie, sont l’une et l’autre en recul. Elles le sont parce qu’elles ne parviennent plus, faute d’unité politique de l’Europe, à parer les régressions sociales en imposant à un capital sans frontières le rapport de forces que seul permettrait l’émergence d’une puissance publique de taille continentale.

Cet Etat européen, forcément fédéral, les électeurs n’en veulent pas aujourd’hui et l’unité de l’Europe est ainsi toujours plus fragilisée par ce cercle vicieux dans lequel les Européens reprochent à l’Union son inexistence tout en lui refusant les moyens d’exister.

Alors ? Fichue, l’unité européenne ? Vraiment fichue à l’heure où Donald Trump et Vladimir Poutine semblent s’être donné le mot pour briser cet ennemi commun ?

Eh bien, oui. Il est désormais possible que l’Union se délite sauf…

Sauf si l’intérêt majeur des pays européens, leur unité que tout menace aujourd’hui, en venait à transcender, dans les majorités parlementaires nationales et européennes, des différences devenues moins importantes entre les différents courants qui perçoivent l’impérieuse nécessité d’une Europe politique.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait plus de différences entre droites et gauches. Cela signifie qu’on y repensera quand l’unité européenne sera faite exactement comme droites et gauches s’étaient soudées dans la Résistance.

Il y a un combat essentiel à mener avant que l’Europe ne compte plus dans le monde et ce combat, c’est sabre au clair qu’il faut l’engager en posant les questions de fond aux marchands d’illusions que sont les nationalistes.

Est-ce désunis que nos pays pourront résister au revanchisme de M. Poutine et à la volonté de M. Trump de nous empêcher d’exporter vers les Etats-Unis ?

Est-ce en ordre dispersé que nous pourrions nous doter d’une Défense européenne maintenant que le parapluie américain se referme ?

Est-ce divisés ou faisant front que nous pourrons poursuivre la bataille contre le réchauffement climatique ? Est-ce à 27 ou 27 fois seuls que nous pourrons jeter les bases, avec l’autre rive de la Méditerranée, d’une coopération économique et politique hors de laquelle l’Europe restera ce miroir aux migrants qu’elle est aujourd’hui ?

Désunis, nous ne pèserions plus guère, pas même l’Allemagne, pas même la France. Unis, nous pourrions non seulement continuer à faire jeu égal avec l’économie américaine mais organiser aussi, avec l’Afrique et la Russie, un ensemble de stabilité et de prospérité à nul autre pareil. Ce sera, demain, la prochaine chronique de ce bilan de l'année.

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