A part une victoire inattendue d’Hillary Clinton, tout s’est déroulé comme tout l'annonçait. La journée d’hier n’était pas achevée, la dernière des primaires, que Barack Obama avait mobilisé suffisamment de soutiens parmi les super délégués, ces élus et personnalités du parti démocrate qui votent de droit à la convention, pour que sa nomination soit assurée. Puis vint le moment de surprise. Démentant les sondages, Hillary Clinton remporte le Dakota du Sud. C’est comme une consolation du destin, mais les chiffres sont là. Grâce à la proportionnelle, Obama a glané de nouvelles voix dans ce même Etat qui lui a préféré sa rivale. Il remporte, une heure plus tard, le Montana et voilà, c’est fait. La volonté de l’Amérique d’ouvrir une nouvelle page, radicalement nouvelle, est telle qu’il a gagné et le déclare aussitôt dans un discours prononcé à Saint-Paul, là même où se tiendra la convention républicaine. Déjà sur le terrain de John McCain, entamant déjà la vraie bataille, la présidentielle du 4 novembre, il lance : « Je serai le candidat démocrate » et rend hommage à la « sénatrice Hillary Clinton ». Il l’enterre, alors même qu’elle vient de déclarer qu’elle n’a pas encore renoncé, pas "ce soir" en tout cas, et que John McCain lui, appelle les Américains à choisir le « bon changement » contre le « mauvais », son élection contre celle d’Obama. D’une phrase, le candidat républicain a résumé le défi qu’il devra relever, convaincre l’Amérique qu’il n’est pas, tout républicain qu’il soit, un candidat de la continuité mais de la rupture avec les années Bush et c’est parti. Ce sera le septuagénaire contre le quadragénaire ; un fils et petit-fils d’amiral contre le fils d’un Kenyan ; l’homme qui avait dénoncé toutes les erreurs commises en Irak mais refuse d’en partir à la hâte contre l’un des rares élus américains qui se soit totalement opposé à cette guerre, « idiote », disait-il, et veut en finir ; le candidat qui n’exclue pas des bombardements de l’Iran contre celui qui veut chercher le dialogue avec tous les adversaires des Etats-Unis, Iran compris. A en croire les sondages, c’est Obama qui devrait entrer à la Maison-Blanche mais il reste cinq mois à courir. John McCain est un homme parfaitement estimable, direct, courageux, sympathique, qui s’était opposé de toutes ses forces à la torture pour l’avoir lui-même subie quand il était prisonnier des Vietnamiens mais son handicap est d’être républicain quand l’Amérique veut un démocrate. Il souffrira, aussi, de la méfiance qu’il inspire à la droite religieuse et aux plus conservateurs de son parti mais Barack Obama n’a pas, non plus, que des atouts. Sa jeunesse séduit mais, si brillant soit-il, son inexpérience est réelle et il y a, bien sûr, la question noire. Toute une Amérique s’enthousiasme et se mobilise à l’idée de se prouver que cette question n’en serait plus une. C’est largement vrai. Georges Bush y a, d'ailleurs, contribué en confiant sa diplomatie à Colin Powell puis à Condoleezza Rice mais à la marge, dans l’isoloir, malgré tout, au moment du choix, la couleur pourrait peser contre Obama.

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