Vladimir Poutine
Vladimir Poutine © © PhotoXpress/ZUMA Press/Corbis

L’Otan l’a confirmé hier. La Russie est effectivement en train, comme elle l’avait annoncé, de replier les troupes qu’elles avaient déployées à la frontière ukrainienne. Vladimir Poutine pourra ainsi se targuer d’un geste de bonne volonté lorsqu’il s’entretiendra en France, jeudi et vendredi, non seulement avec François Hollande mais également avec la chancelière allemande et le Premier ministre britannique.

Le président russe apparaît maintenant en retrait dans cette crise. Ce n’est plus l’intraitable chef de guerre qu’il s’était montré depuis novembre. Il s’emploie désormais à arrondir les angles comme s’il avait réalisé qu’il n’avait en fait pas les moyens de pousser son avantage en Ukraine parce qu’il n’y a pas eu de mobilisation populaire en faveur d’une sécession dans les régions orientales, parce que la présidentielle ukrainienne a pu se dérouler et qu’elle a débouché sur l’élection, dès le premier tour, d’un homme qui se montre bien décidé à défendre l’intégrité territoriale de son pays, parce que les sanctions occidentales prises après l’annexion de la Crimée ont fait beaucoup souffrir l’économie russe et parce qu’il s’était trompé, dernier point, sur les réactions américaines et européennes.

Il aurait pu espérer que les Européens se divisent tant ils dépendent du gaz russe – totalement pour certains d’entre eux –mais l’Union a fait front en se joignant aux sanctions américaines. Malgré son désir de se désengager d’Europe, Barack Obama vient d’annoncer pour sa part, à Varsovie où il se trouve, qu’il demanderait un milliard de dollars au Congrès pour déployer de nouvelles forces dans les pays d’Europe de l’Est membres de l’Otan et développer les capacités militaires des anciennes Républiques soviétiques qui n’en sont pas membres.

Annexion de la Crimée ou pas, c’est plutôt sur la défensive que se retrouve aujourd’hui Vladimir Poutine mais cela ne sonne pourtant pas la fin de cette partie. Le président russe peut jouer la montre. Il peut continuer, plus discrètement mais tout de même, à déstabiliser l’Ukraine en y favorisant des troubles et en attendant, surtout, que le nouveau président se heurte à ses premières difficultés, inévitables puisque ses pouvoirs constitutionnels sont limités et la situation économique extraordinairement tendue. Ce serait, autrement dit, une profonde et grave erreur que de croire le président russe perdant et cette crise résolue mais alors que faire pour éviter qu’elle ne rebondisse avant longtemps ?

La réponse est qu’il faut acheter à la baisse.

C’est précisément parce que Vladimir Poutine ne dispose plus, pour l’heure, des meilleures cartes qu’il faut lui tendre, maintenant, la main en lui proposant l’ouverture de négociations entre l’Union et la Fédération de Russie sur l’organisation de la sécurité et de la coopération en Europe, sur le continent européen. Ce ne serait pas facile mais, outre que c’est alors Vladimir Poutine qui serait au pied du mur, tout le monde aurait à y gagner, la Russie, l’Union et, bien sûr, les anciennes Républiques soviétiques, indépendantes mais si fragiles.

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