C’est pour demain peut-être, dans les jours à venir en tout cas. Rompus, en mars, avant même qu’ils n’aient été ouverts, par l’annonce de la construction de 1600 logements israéliens dans les quartiers arabes de Jérusalem, les pourparlers indirects entre Israël et l’Autorité palestinienne devraient bientôt débuter mais à quoi pourraient-ils mener ? A rien, si l’on en croit la presse israélienne qui affiche un absolu scepticisme. A rien, estiment aussi la quasi-totalité des proche-orientologues. A rien, bien sûr, murmure le simple bon sens car il est difficile, après deux décennies de pourparler directs, de discerner un progrès dans des pourparlers indirects au cours desquels les Américains feront la navette entre les deux parties. Evénement il y a, pourtant, pour trois raisons. La première est, qu’indirects ou pas, il n’y avait plus de pourparlers israélo-palestiniens depuis que la guerre de Gaza les avait interrompus il y a seize mois, que cela avait créé un vide et que le fait est que ce vide n’est plus tenable alors qu’il existe une administration, un gouvernement et un président palestiniens dans les Territoires occupés – qu’on n’en est plus à l’époque où Israéliens et Palestiniens niaient l’existence de l’autre. La deuxième raison de, tout de même, accorder une importance à cette reprise de négociations est que, bien qu’il soit à la tête du gouvernement le plus à droite qu’Israël ait jamais connu, Benjamin Netanyahou a fait accepter à ses amis du Likoud, il y aura bientôt un an, le principe de la création d’un Etat palestiniens qu’aucune des grands formations israéliennes ne refuse ainsi plus. Un accord de principe n’est certes pas un accord mais la donne a changé, côté israélien, tandis que, côté, palestinien, le Premier ministre œuvre, avec de vrais succès, à jeter les bases économiques et politiques de son Etat qui commence à prendre forme, en Cisjordanie du moins. Autant tout paraît bloqué dans l’instant, autant ce l’est moins dès qu’on prend du recul et, troisième raison de ne pas partager cet absolu scepticisme, il y a Barack Obama. Le temps n’est plus où le monde tournait la page sur ce jeune président. On voit, désormais, avec quelle ténacité il sait progresser vers ses objectifs mais on ne voit pas assez qu’il fait, pas à pas, bouger la droite israélienne. Sans jamais élever la voix mais sans jamais, non plus, relâcher la pression, il a non seulement conduit Benjamin Netanyahu à cet accord de principe sur l’Etat palestinien mais également obtenu un gel de la colonisation en Cisjordanie qui, pour ne pas inclure Jérusalem, n’en est pas moins sans précédent. Cela n’avait pas suffi à permettre l’ouverture de ces pourparlers mais, pour les faire démarrer, le président américain a littéralement arraché à Benjamin Netanyahou un engament oral de ne pas lancer de nouvelles constructions à Jérusalem et convaincu les Palestiniens de s’en contenter. Tout sera sur la table – Barack Obama s’en est assuré. Il dira publiquement, a-t-il promis, qui serait, à ses yeux, responsable d’un blocage. En fait de non-événement, il y a pire.

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