Par Emmanuel Leclere. Il y avait eu comme un flottement à l'issue du discours de jean pierre raffarin avant hier devant les députés, un problème d'interprétation qui est apparu y compris dans les dépêches d'agence de presse, ce qui est assez rare. Comme un malaise également, on l'a vu dans les rangs des députés. Alors, injonction, sommation ou réhabilitation publique du député pestiféré de la majorité ? Eh bien depuis hier, on est fixé. Il est hors de question de voir Didier Julia repartir avec ses acolytes du côté de Bagdad ou de Damas. Jean-Pierre Raffarin a donc mis de la clarté dans ses intentions après avoir soigneusement attendu la visite du patron de la DGSE à Didier Julia, un huis clos d'une heure trente tout de même mais visiblement, le député n'avait qu'une idée en tete. Oui il est prêt à collaborer totalement avec le gouvernement, mais à ces seules conditions - on le sait - il a besoin de ses collaborateurs pour qu'ils aillent, dit-il, débroussailler le terrain avant que lui même éventuellement n'intervienne. Des missi dominici pour l'instant sous contrôle judiciaire strict qui reviendraient par la grande porte. Scénario idéal. Mais la porte semble avoir claqué très fort avec ces mots du premier minisitre - inacceptable - porte qui claque très fort donc mais alors pourquoi l'avoir entrouverte ces derniers jours ? Est-ce que cela veut dire qu'en 72 heures sur le terrain il s'est déjà passé beaucoup de choses et que l'on a plus besoin des services d'un trio que la DGSE n'aurait de toute façon jamais voulu revoir dans la partie ? Un proche de l'Elysée nous disait hier qu'il n'y avait là rien de vraiment surprenant ni de la part de Julia - souvenez vous quand même à qui on a affaire - ni de la part du gouvernement d'ailleurs. Trop de passif, trop de méfiance pour dire, mais bien sûr Monsieur Julia "allez y", feu vert pour un plan B. Mais cette fois avec tous les appuis offciels qu'il vous faut, peut-être un avion aussi, pas besoin de celui de Gbagbo. Mais non, il n'y aura pas d'aller retour pour Bagdad ou Damas - Damas - La Syrie, son éventuel rôle dans cette affaire, cette hypothèse légitime confiait un diplomate hier soir, est-ce que cela veut dire qu'en 72 heures sur le terrain il s'est déjà vraiement passé beaucoup de choses ? Ce qui serait un signe positif en vue d'une libération prochaine de Florence Aubenas et d'Hussein Hannoun. A regarder les grandes manoeuvres autour de la Syrie en ce moment où la France est très impliquée, les négociations en cours sur l'Irak et le Liban, il y a des liens naturels que pas mal d'observateurs de la région ont déjà fait. Des liens à défaut de certitudes sur tout ce qui pourrait maintenant aboutir à une libération rapide. Car depuis 72 heures, depuis que l'on sait que Florence Aubenas est en vie, qu'y a t-il de plus sur le fond ? Rien. Sur la forme en revanche, tout a changé. Pendant plus de 50 jours, le gouvernement n'avait rien dit ou presque, depuis l'irruption des vidéos et de ce nom fantôme, si réel. Là c'est un déluge, comme si depuis que les preneurs d'otages ont décidé d'aller sur le terrain médiatique. Matignon et le Quay d'Orsay avaient choisi la même option. Les ravisseurs se servent de Julia à leur façon. Paris aussi. Ce sont les règles du jeu qui ont changé depuis 72 heures et c'est toujours aussi difficile à suivre.

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