Cela ne fait pas de grands titres. Le scepticisme domine encore mais le fait est que les conversations israélo-palestiniennes se poursuivent et progressent, à bon rythme. A l’issue de leur sixième rencontre depuis le début de l’année, la plus décisive en date, le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le Président palestinien Mahmoud Abbas ont fait annoncer, hier, que leurs équipes de négociateurs s’attelleraient, dès la semaine prochaine, à la préparation de la déclaration commune qui devrait être publiée lors de la réunion internationale de la mi novembre aux Etats-Unis et que des pourparlers de paix s’ouvriraient alors sur cette base. Depuis leur rupture, au début de l’année 2001, c’est la première fois qu’Israéliens et Palestiniens parlent d'une reprise des négociations. C’est un progrès en soi, d’autant plus notable que les Palestiniens semblent désormais admettre que le futur calendrier de ces discussions ne soit pas fixé au préalable mais décidé par la réunion de Washington. On hésite à le dire tant les déceptions ont déjà été nombreuses et les obstacles restent multiples mais une perspective de paix s’ouvre à nouveau dans le plus vieil et le plus inextricable conflit de l’histoire contemporaine dont Mahmoud Abbas n’hésitait pas à prédire, la semaine dernière, le règlement dans les six mois qui suivraient la réunion de novembre. La plus grande prudence s’impose, et pas seulement parce qu’un ou des attentats sanglants pourraient à chaque heure tout remettre en cause, comme cela s’est si souvent produit. Le processus en cours est extrêmement fragile car ses deux protagonistes sont sur un siège éjectable. Impopulaire en raison de l’échec de la dernière guerre du Liban et des accusations de malversation qui pèsent sur lui, Ehud Olmert est, de surcroît, à la tête d’une coalition qui est loin d’être unanime sur les concessions que la paix demanderait. Mahmoud Abbas ne contrôle, de son côté, et bien mal, qu’une partie seulement des territoires palestiniens depuis que le Hamas règne en maître à Gaza. Tous deux avancent sur des sables mouvants mais c’est, en même temps, la volatilité même de la situation qui donne une force à leurs discussions. Un échec les condamnerait l’un et l’autre et ni les Etats-Unis, ni les régimes arabes ni aucune des grandes puissances ne souhaitent, surtout, que cet espoir s’évanouisse car c’est l’Iran et l’islamisme le plus radical qui en profiteraient. Ce ne serait ni l’intérêt d’Israël ni celui de l’Arabie saoudite, encore moins celui de Georges Bush qui serait alors échec et mat sur tous les fronts. L’atout de la paix est que toutes les parties directement ou indirectement prenantes à ce conflit voudraient aujourd’hui le régler pour que le radicalisme cesse de s’en nourrir. Toute la question est de savoir si ce réalisme suffira à faire prévaloir la Raison. Ce n’est malheureusement pas certain mais, jour après jour, la peur semble aujourd’hui plus opérationnelle que le simple pacifisme.

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