Le président palestinien, Mahmoud Abbas, parlait hier d’une « impasse ». L’Organisation de libération de la Palestine a solennellement déclaré, à la veille du week-end, que les pourparlers avec Israël seraient « arrêtés » aussi longtemps que la construction se poursuivrait dans les colonies. Benjamin Netanyahou se refusant, de son côté, à prolonger les dix mois de gel de ces constructions, tout devrait amener à conclure que ces négociations directes se sont d’ores et déjà soldées par un échec un mois seulement après leur ouverture mais la situation est en fait tout, sauf claire. Ca va mal, franchement mal, mais tous les acteurs de ce psychodrame, Israéliens et Palestiniens, Etats-Unis et pays arabes, s’évertuent, pourtant, à donner du temps au temps comme si personne ne se résolvait à prendre acte d’un échec, ou, même, n'en voulait. Benjamin Netanyahou répète à qui veut l’entendre qu’il reste attaché à la poursuite d’un règlement global qui pourrait, dit-il, être atteint sous un an. Le négociateur américain, Georges Mitchell, fait la navette entre les capitales de la région et disait hier encore, au Caire, que les deux parties demandent aux Etats-Unis de poursuivre leurs efforts de conciliation. La Ligue arabe, surtout, n’en finit plus de reporter la réunion au cours de laquelle elle devait se rallier au refus palestinien de poursuivre les discussions tant que la colonisation ne sera pas interrompue. Cette réunion devait avoir lieu aujourd’hui, puis mercredi. Aux dernières nouvelles, ce ne sera que vendredi et cette confusion a plusieurs explications. A un mois d’élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles pour les Démocrates, Barack Obama ne souhaite évidemment pas avoir à reconnaître qu’il n’est pas plus parvenu à faire céder le Premier ministre israélien qu’à faire revenir les Palestiniens sur une position de principe qu’ils avaient énoncée longtemps à l’avance. Benjamin Netanyahou, lui, ne veut pas passer pour responsable d’un échec qui serait avant tout dû à son intransigeance. Il préfère, donc, le laisser acter par les Palestiniens qui, eux, ne souhaitent nullement avoir à le faire. Chacun se défile comme au chevet d’un comateux qu’on hésite à ne plus maintenir artificiellement en vie mais il n’y a pas que cela. Plus profondément, si échec il y a, s’il n’y a pas de compromis de dernière minute, ce sera la défaite des Etats-Unis, d’Israël, de l’Autorité palestinienne et des pays arabes face à l’autre camp proche-oriental, celui de l’Iran, de la Syrie, de islamistes palestiniens du Hamas et du Hezbollah libanais. Le président syrien était, la semaine dernière, à Téhéran. Le président iranien se rendra bientôt au Liban d’où il voudrait – c’est absolument sérieux – aller jeter des pierres par-dessus la frontière avec Israël dans un geste symbolique d’appel à une troisième Intifada. C’est un rapport de forces régional qui est en train de se jouer et tout cela parce qu’Israël et l’Autorité palestinienne avaient cru pouvoir compter sur les Américains pour faire céder l’autre sur la colonisation et ne veulent plus reculer. C’est tellement invraisemblable, stupide, effarant qu’on ne peut pas y croire, qu'il reste encore des raisons de ne pas y croire, mais l’impasse est bel et bien là.

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