Il y a deux manières de voir les choses...

A cinq semaines exactement du 8 novembre, du jour où les Américains éliront leur président, la première est de s’affliger qu’il se trouve encore tant d’électeurs de la plus puissante des démocraties du monde pour compter mettre dans l’urne un bulletin « Trump ».

Hillary Clinton, 42 % des intentions de vote contre 36 % pour Donald Trump, la différence n’est en effet pas si grande et même insultante pour l’intelligence lorsqu’on pense qu’il y a, d’un côté, une femme d’expérience, connaissant le monde et pondérée et, de l’autre, un excentrique, imbattable en vulgarité et totalement ignorant de la complexité des problèmes menaçant la stabilité internationale et même la paix. Ces six petits points de marge rappellent tristement à quel point Churchill avait raison de dire que la démocratie était le pire des systèmes à l’exception de tous les autres mais bon… La deuxième manière de voir les choses est de se dire qu’après tout six points font une solide majorité et que la candidate démocrate remonte la pente face à un candidat républicain indigne de son parti et désavoué par beaucoup des grandes figures de sa famille politique.

On ne le saura pour sûr qu’au soir du scrutin mais, oui, Donald Trump ne paraît plus en situation de l’emporter. Il s’énerve, se lève la nuit pour envoyer des tweets incendiaires et revient, en meetings, à des improvisations obscènes allant jusqu’à mettre en doute – de quoi se mêle-t-il, qu’en sait-il, et est-ce bien le sujet ? – la fidélité conjugale de son adversaire, car tout le conduit aujourd’hui à l’échec.

Depuis que le New York Times a publié, le week-end dernier, des extraits de sa déclaration de revenus de 1995 faisant apparaître une perte de près d’un milliard de dollars qui lui aurait permis de ne pas payer un sou d’impôts pendant 18 ans, on comprend mieux pourquoi il se refuse à rendre publiques ses contributions fiscales. Non seulement cela pourrait détruire cette image de grand homme d’affaires qu’il s’est faite mais cela pourrait aussi le faire apparaître comme extrêmement habile à utiliser la loi pour échapper à l’impôt.

Jusqu’à plus ample informé, il n’a pas fraudé mais est-ce qu’un homme assez riche pour payer une armée d’avocats à l’aider à se soustraire au fisc est vraiment le mieux placé pour prétendre entrer à la Maison-Blanche ?

Absolument, bien sûr, cela va de soi répondent ses conseillers qui voient là la preuve de son « génie », c’est le mot qu’ils emploient. Lui-même explique, sans ciller, qu’il connaît si bien la complexité de la législation fiscale que personne, à part lui, ne pourrait la réduire mais c’est un peu comme si le roi des voleurs se vantait d’être le mieux à même d’assurer la sécurité des coffres.

Ca passe mal. Ca ne passe pas et, quoi qu’il en soit, autant son retard sur Hillary Clinton demeure réversible dans les sondages nationaux, autant le décompte Etat par Etat ne lui est pas favorable alors que ce sont les grands électeurs élus dans chacun des Etats des Etats-Unis qui font l’élection.. Alors croisons les doigts car Trump plus Poutine, non, ce serait trop.

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