Où l'on voit qu'entre Madrid et la Catalogne, la partie est totalement incertaine et que l'union européenne doit s'entremettre

Il y aura donc, sous peu, une déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne. C’est son président qui l’a annoncé hier au moment même où le Roi déclarait lui que c’était « la responsabilité légitime des pouvoir de l’Etat d’assurer l’ordre constitutionnel ».

La suite est ainsi claire. Dès que la Catalogne aura proclamé son indépendance, l’Espagne suspendra l’autonomie de la région et pourrait même aller jusqu’à faire arrêter ses dirigeants. On est, autrement dit, à la veille d’une crise gravissime en Espagne et en Europe dans laquelle les indépendantistes comme le pouvoir central disposent d’atouts majeurs.

A Madrid, le Premier ministre Mariano Rajoy n’a pas pour lui que la loi fondamentale. Il a également le soutien du parti socialiste, le PSOE, et des centristes de Ciudanados. Il peut surtout s’appuyer sur cette moitié des électeurs catalans qui ne veut pas rompre avec le reste de l’Espagne. Les indépendantistes n’ont pas toutes les cartes en main mais, outre que les brutalités policières de dimanche dernier leur ont attiré de nombreux ralliements, la jeunesse leur est maintenant acquise et, plus le pouvoir central mobilisera la force et la loi pour s’opposer à l’indépendance, plus les indépendantistes élargiront leurs rangs.

C’est un bras de fer qui s’ouvre maintenant et l’on ne sait pas qui le gagnera.

Plus la répression des indépendantistes sera forte, plus elle leur attirera de sympathies. Plus elle sera prudente, à l’inverse, plus elle leur profitera en faisant passer le pouvoir central pour affaibli et désemparé. A priori, les indépendantistes sont gagnants dans tous les cas mais, comme ils ne pourront pas l’emporter avant longtemps, ils risquent de finir par lasser et d’ainsi perdre les élections que le pouvoir central finira, lui, par organiser en Catalogne.

Ce sera le moment de vérité. On ne sait pas ce que les électeurs diront alors puisque tout dépend du moment où ils seront appelés aux urnes et qu’en-deca du choc provoqué par les violences policières de dimanche dernier, l’indépendance était loin d’être majoritaire il y a encore deux semaines.

Cette situation est incertaine et mouvante. Elle est si dangereuse que l’Espagne et la Catalogne ont un urgent besoin d’une médiation leur permettant de débattre d’une indépendance dans l’interdépendance, d’une solution à la suisse ou à la québécoise, qui permettrait aux deux parties de sauver la face et à l’Union européenne d’éviter une crise majeure dans l’un de ses principaux pays.

L’Union doit s’entremettre. Elle doit le faire s’en tarder parce qu’elle bénéficie de la confiance des deux partie qui l’une et l’autre se réclament d’elle. Elle peut le faire publiquement ou discrètement, qu’importe, mais elle se doit de le faire avant que cette crise ne devienne indémêlable.

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