Où l'on voit que la moins mauvaise des solutions serait maintenant de négocier avec le régime Pyongyang, si déplaisant que cela soit

Il n’y a que trois solutions, deux mauvaises et la troisième détestable. Maintenant que la Corée du Nord a procédé hier, avec succès, à un test de bombe à hydrogène pouvant, dit-elle, être portée par un missile à longue portée, maintenant que cette dictature sera bientôt à même de frapper les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud et les forces américaines stationnées en Asie, le première possibilité est d’aller détruire ses sites nucléaires avant qu’elle ne soit en situation d’opposer à cette attaque une riposte visant la Corée du Sud, le Japon ou les possessions américaines du Pacifique.

La deuxième possibilité est d’ignorer les capacités nucléaires dont la Corée du Nord s’est maintenant dotée et de se contenter d’achever de cerner ce pays de systèmes de défense anti-missiles qui l’empêcheraient de menacer quiconque.

Quant à la troisième possibilité, elle serait d’ouvrir des négociations avec le régime de Pyongyang qui ne veut en fait attaquer personne mais seulement s’assurer qu’aucune puissance extérieure ne puisse le renverser.

La première de ces solutions, des frappes préventives, n’est pas à écarter. Elle pourrait anéantir les sites nucléaires nord-coréens mais on ne peut pas exclure que cela ne laisse la possibilité à ce régime de riposter par des frappes sur la Corée du Sud, d’y faire un grand nombre de victimes et d’y détruire des industries essentielles à l’économie internationale.

Ce n’est pas injouable, mais ce serait formidablement risqué et la deuxième possibilité, cerner la Corée du Nord de systèmes de défense anti-missiles, n’empêcherait pas qu’elle ne puisse contribuer à réduire à néant le Traité de non-prolifération nucléaire en dotant de nouveaux pays de la bombe.

Reste donc la troisième possibilité qui serait de négocier avec Pyongyang.

Cela ne s’envisage pas facilement. On ne se fait pas aisément à l’idée de négocier avec une aussi exécrable dictature la garantie de sa pérennité contre sa renonciation à la bombe mais le choix, c’est ainsi, est entre de mauvais choix.

Le moins mauvais de tous est la négociation et cela d’autant plus que personne ne souhaite la fin du régime nord-coréen. Les Sud-Coréens n’en veulent pas car ils n’ont aucune envie d’avoir à dépenser d’énormes sommes pour intégrer un pays qui leur est devenu étranger depuis la partition du début des années 50. Les Chinois en veulent encore moins car ils ne veulent pas à leur frontière d’une Corée réunifiée qui leur ferait concurrence et placerait bientôt des troupes américaines à leur frontière. Le Japon n’en veut pas plus car il ne veut pas non plus de la puissance d’une Corée réunifiée. Tout commande d’envisager une négociation avec Pyongyang mais, si la Chine, la Corée du Sud et la Russie y poussent à raison, l’Europe et les Etats-Unis n’y sont pas encore prêts.

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