A Paris et Berlin, les paysages politiques se ressemblent toujours plus  

C’est comme si la France déteignait sur l’Allemagne. Jour après jour, semaine après semaine, l’échiquier allemand ressemble toujours plus à l’échiquier français et ce ne fut jamais plus vrai qu’hier.

         Hier lundi, trois jours avant l’ouverture du congrès du SPD, du parti social-démocrate, ses instances dirigeantes se sont prononcées en faveur de négociations avec la démocratie chrétienne de Mme Merkel pouvant mener à une reformation de la coalition qui gouvernait l’Allemagne jusqu’aux élections de septembre dernier. 

Les choses ne seront pas aussi simples au congrès. La gauche du parti y plaidera la cure d’opposition et une réaffirmation identitaire mais la direction devrait pourtant recevoir mandat de négocier avec Mme Merkel. A terme, cela pourrait donc déboucher sur un gouvernement « et de droite et de gauche » cimenté par un programme commun alliant la relance budgétaire voulue par les sociaux-démocrates et l’acceptation, également souhaitée par la gauche, des propositions européennes d’Emmanuel Macron sur un budget et un ministre des Finances communs à la zone euro. 

Plus qu’une coalition, ce serait là l’émergence, souhaitée par Emmanuel Macron et par le Premier ministre grec Alexis Tsipras qui sont tous deux intervenus en ce sens auprès du SPD, d’une force centrale à la fois pro-européenne, sociale et libérale, d'une force rappellant beaucoup la République en marche et sa coexistence de gens venus de la gauche et de la droite. 

A si souvent gouverner ensemble, les modérés allemands de gauche et de droite tendent à se rejoindre sur un fond d’idées communes et cette évolution est d’autant plus frappante que là n’est pas le seul événement politique de la journée d’hier en Allemagne. 

Hier lundi, la CSU, cette branche bavaroise de la démocratie chrétienne qui constitue traditionnellement l’aile droite de la droite allemande s’est nettement droitisée. Elle a décidé de ne pas confier sa tête de liste pour les élections régionales de l’année prochaine à son actuel chef de file auquel elle a substitué un dur de dur, très opposé, à la politique d’accueil des réfugiés de Mme Merkel.

La droite bavaroise espère ainsi endiguer la progression électorale de la nouvelle extrême droite de l’AfD. C’est une droite très semblable à celle qui prend les commandes de la droite française qui vient de s’affirmer en Bavière, hostile à l’immigration et chassant sur les terre de l’extrême droite dans un mouvement qui rapproche de fait droite de la droite et extrême droite. 

Là encore l’Allemagne commence à ressembler à la France, à la nouvelle France sortie des élections présidentielle et législatives du printemps dernier. Tendanciellement au moins, les échiquiers français et allemand déteignent l’un sur l’autre. 

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