Côté républicain, tout devrait être clair ce soir. L’ascendant pris sur tous ses rivaux par le sénateur McCain et la nette avance que lui donnent les sondages devraient en faire le grand vainqueur du Super Thuesday, de ce Super mardi qui ne verra pas moins de vingt-quatre Etats choisir, aujourd’hui, leurs délégués aux conventions des grands partis. Même si John McCain ne sortait pas de cette journée seul candidat républicain encore en lice, même si les deux autres refusaient encore de jeter l’éponge, il a désormais de grandes chances de devenir le candidat conservateur à la présidentielle du 4 novembre. Attention ! Cet homme ne fera pas que de la figuration dans la bataille à venir, la vraie, celle qui commencera après les conventions de l'été. Tout semble indiquer, bien sûr, que le tour des Démocrates est venu. Les difficultés économiques, l’aventure irakienne et l’extrême impopularité de Georges Bush leur ouvrent évidemment la voie de la Maison-Blanche mais le sénateur de l’Arizona, un militaire, a une solidité, une honnêteté, une connaissance des affaires internationales aussi, qui pourraient rassurer un pays en désarroi, resserrer les rangs républicains, rallier beaucoup d’électeurs indépendants et créer, en novembre, la surprise qu’on n’attendait pas. Côté démocrate, en revanche, la bataille est totalement incertaine. Au coude à coude dans les sondages, souvent avec une différence réduite à la marge d’erreur, Hillary Clinton et Barack Obama sont engagés dans un combat qui pourrait se prolonger au-delà de cette journée. Après un début difficile, la sénatrice de New York a repris du punch. Elle est au meilleur d’elle-même, sûre de ses dossiers, infatigable et éblouissante de maîtrise. On se dit, à la voir, qu’elle ferait une Présidente hors paire, pleine de convictions et blindée, comme elle le dit, contre toutes les attaques mais Barack Obama tend à réduire l’écart avec elle. Nouveau venu, jeune, physique avantageux et sourire ravageur, le sénateur de l’Illinois a deux grands avantages sur l’ancienne Première Dame, celui d’incarner un changement radical et de ne susciter aucune des haines qu’elle focalise. Pour les conservateurs, Hillary Clinton est un diable, voire une diablesse, une enfant de la génération contestatrice des années soixante, une gauchiste qui ne sait même pas tenir son mari. On est en plein irrationnel mais ces délires lui nuisent car beaucoup de Démocrates veulent voter utile, barrer la route aux Républicains, et se disent que Barack Obama,tellement consensuel, tellement M.Gendre, serait plus susceptible de réunir une majorité en novembre. On ne sait pas. Rien n’est encore décanté et le brouillard est d’autant plus épais que beaucoup d’électeurs cachent dans les sondages les réticences qu’ils pourraient avoir à voter pour un Noir ou pour une femme. Il y a là deux nouveautés, à l’évidence exaltantes pour le plus grand nombre mais laquelle le serait le plus ? Et laquelle, à l’inverse, effraie le plus, soit de machos soit de racistes ? Début de réponse demain à l’aube, heure française.

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