La démocratie, le pouvoir du peuple exprimé par ses votes, n’est pas un vain mot. On vient de le voir aux Etats-Unis où l’élection de Barack Obama a, soudain, rebattu les cartes pour l’Amérique et le monde et, cette année encore, neuf scrutins pourraient changer bien des choses en Asie, en Afrique, en Europe et au Proche-Orient. Le Japon pourrait bien mettre terme, en septembre, à un demi siècle de pouvoir presque ininterrompu du Parti libéral démocrate et donner la majorité à la gauche, au Parti démocrate. Plus grand pays musulman du monde, l’Indonésie va rappeler, avec ses législatives d’avril et sa présidentielle de juillet, qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre l’Islam et la démocratie mais seulement entre l’islamisme et la liberté. Grâce au suffrage universel, l’Inde, la plus grande démocratie du monde, pourrait enfin surmonter, au printemps, ses pesanteurs culturelles en assurant une percée du parti constitué par les Intouchables qui deviendrait alors incontournable dans la formation d’une majorité gouvernementale. L’Afrique du Sud, au printemps aussi, pourrait sortir du quasi monopole politique que sa longue lutte contre l’apartheid assure à l’African National Congress et donner une vraie place à un nouveau parti, le Cope, le Congrès du peuple, issu d’une dissidence de l’ANC. On verra en septembre, en Allemagne, si la gauche radicale parvient ou non à s’imposer au niveau national et si les Verts, en cas de victoire de la droite, pourraient s’allier avec elle. Peu ou prou, ces cinq élections contribueront à dessiner le paysage politique des années à venir mais les quatre autres seront, elles, déterminantes. Les Israéliens votent, mardi prochain, et toute la question est de savoir si la majorité qui en sortira sera prête ou non à relancer des négociations avec les Palestiniens, comme le veulent les Etats-Unis, l’Europe et les pays arabes. A priori, la réponse est claire. C’est non si la droite l’emporte. C’est oui si le centre gauche est reconduit mais, outre que la droite est pragmatique, peu incline à un bras de fer avec Washington et plus apte que la gauche à imposer des compromis aux nationalistes, la montée de l’extrême droite pourrait bien profiter à la gauche car elle se fait au détriment de la droite. Ces élections israéliennes pourraient surprendre, au moins autant que la présidentielle iranienne de juillet au cours de laquelle le très radical président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, pourrait avoir à affronter à la fois un conservateur réaliste, Ali Larijani, et l’ancien président réformateur, Mohammad Khatami. Crise économique aidant, cette élection pourrait profondément changer le paysage iranien et favoriser une détente avec les Etats-Unis. Un mois plus tard, ce sera au tour de l’Afghanistan d’élire son président. Le sortant Hamid Karzaï n’est pas le mieux placé pour l’emporter mais, quel que soit le vainqueur, c’est avec lui que Barack Obama devra définir l’équilibre afghan qui permettrait aux Etats-Unis de se retirer à terme. L’enjeu est tout aussi important que celui des législatives irakiennes, en décembre, qui diront si ce pays peut on non transcender ses divisions et se stabiliser.

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