Confortée par les sondages, l’hypothèse n’a rien d’invraisemblable. Concessions ou pas, malgré les changements que les dirigeants européens s’apprêtent à entériner pour permettre à David Cameron de dire à ses électeurs qu’il a obtenu les réformes qu’il demandait pour plaider un maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union, il n’est nullement impossible que les europhobes ne l’emportent au référendum du 23 juin.

L’une des trois plus grandes puissances européennes sortirait alors de l’Union. Ce serait un séisme, d’autant plus violent que cette situation serait sans précédent, mais que se passerait-il ensuite ?

Eh bien, à entendre l’un des dirigeants européens les mieux placés pour le savoir, la réponse est « rien », rien dans l’immédiat en tout cas pour quatre raisons.

La première est que tant que les Britanniques ne se seront pas prononcés, il serait totalement contre-productif d’avancer la moindre idée susceptible de relancer l’Union après leur éventuel départ car cela ne ferait que donner des munitions aux europhobes. Vous voyez bien, diraient-ils, ce qu’on s’apprête à faire en Europe. Ils vont faire de la zone euro une union politique qui imposera sa loi dans l’Union. Le fédéralisme est en marche et le seul moyen d’y échapper est de rompre, tout de suite et définitivement.

Cela ne ferait que compliquer la tâche de David Cameron et des europhiles britanniques auxquels il vaut mieux laisser faire valoir que le Royaume-Uni aurait économiquement trop à perdre à sortir de l’Union et risquerait, surtout, de voir l’Ecosse proclamer son indépendance car elle se refuserait à suivre les Anglais dans un Brexit.

Oui…Compris... D’accord... Mais si ce Brexit l’emporte ?

Eh bien deuxième point, il y aurait le temps de voir venir car la Grande-Bretagne devrait face à son problème écossais, se trouver une nouvelle place dans le monde et modifier, ce qui ne serait pas une mince affaire, toutes celles de ses lois qui sont liées à son appartenance à l’Union.

Ce processus serait tant semé d’embûches qu’il n’y aurait gère à craindre de contagion à d’autres Etats-membres et ce n’est donc, troisième point, qu’au cours de l’été suivant que la France et l’Allemagne avanceraient, Brexit ou pas Brexit, leurs propositions de resserrement de la zone euro par l’harmonisation progressive de ses politiques fiscales et sociales, la nomination d’un ministre de l’économie de l’eurozone et la Constitution d’une Chambre propre au sein du Parlement européen.

Et puis, quatrième point, c’est aux majorités issues des élections françaises et allemandes de 2017 qu’il reviendrait de passer aux actes.

Sur le papier, ce raisonnement tient parfaitement la route. On ne pourait pas faire plus logique mais le problème est qu’entre temps, l’espace Schengen aura très probablement vécu et que les tensions seront à leur comble dans l’Union pour laquelle un Brexit aurait le son d’un glas.

La hâte n’aurait rien de bon mais la sérénité a ses dangers.

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