Donald Trump apprend au monde à vivre sans la tutelle des Etats-Unis et Emmanuel Macron se rue dans ce vide

C’est une situation dont le général de Gaulle n’aurait pas même rêvé. Brexit aidant, il n’y a plus de Grande-Bretagne pour freiner la marche vers une Europe politique. Une France politiquement stable se trouve ainsi en tête-à-tête avec une Allemagne qui peine, elle, à se trouver une majorité et dont la chancelière s’essouffle.

          Cela suffirait à ouvrir un boulevard à la France et il y a, en plus, M. Trump qui s’acharne si bien à décrédibiliser sa fonction que les Etats-Unis comptent chaque mois un peu moins sur la scène internationale.

          Plein d’anecdotes et de confidences effarantes sur sa première année à la Maison-Blanche, un livre raconte comment ni le candidat républicain ni sa famille n’avaient souhaité cette élection à laquelle ils ne croyaient pas. Figure de l’extrême-droite américaine, un ancien conseiller du président y accuse Donald Trump Jr. de trahison pour avoir accepté de rencontrer, dans les bureaux de son père, une avocate russe offrant des documents compromettants pour Hillary Clinton.

Tout cela accrédite à la fois la connivence russe et l’idée que cette candidature n’était qu’une publicité pour la marque Trump et que fait le président des Etats-Unis ?

Eh bien il organise la promotion de ce livre en demandant son interdiction. C’est à ne pas le croire mais ce n’est rien à côté de la collection de bourdes qu’il  vient de commettre en quelques jours. Après avoir déclaré qu’il avait un « plus gros bouton nucléaire » que le N°1 nord-coréen et traité par le mépris l’annonce de pourparlers entre les deux Corée, il s’est félicité de l’ouverture de ce dialogue direct en disant y avoir oeuvré. Après avoir isolé, comme jamais, les Etats-Unis en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, il a menacé de couper l’aide américaine aux Palestiniens coupables d’avoir condamné se décision. Tout en se ruant dans le magasin de porcelaines iranien comme si c’était déjà la chute des mollahs, il a enfin trouvé le temps de s’attribuer le mérite de l’amélioration de la sécurité aérienne et de couper les vivres au Pakistan, allié essentiel des Etats-Unis en Asie du sud-est, région de tous les dangers.

Donald Trump est en train d’habituer le monde à l’idée qu’il peut vivre sans tutelle américain.

C’est une situation sans précédent depuis la fin de la Première guerre et c’est ainsi qu’Emmanuel Macron se jette dans la brèche, se fait arbitre et modérateur de tous les conflits et annonce, hier, qu’il réunira quelque 80 des dirigeants de la planète à Paris le 11 novembre prochain pour plancher sur la sauvegarde de la paix et de la démocratie. C’est beaucoup.

C’est même trop, pourrait-on dire, mais le fait est qu’on lui prête oreille car la France est restée la France et qu’elle est aujourd’hui l’Europe.

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