Rarement un été se sera annoncé aussi lourd. L’histoire est là pour dire que ces mois de vacances où l’Occident se met en relâche n’en sont pas moins gros de grands événements, l’écrasement du Printemps de Prague, la naissance de Solidarité ou l’invasion du Koweït, mais on sait d’ores et déjà, cette année, que l’actualité internationale ne connaîtra pas de répit sous le soleil.

Le nouveau président iranien prendra ses fonctions début août et l’on verra très vite si cet homme qui avait fait campagne sur la « modération » et la nécessité d’une entente avec le reste du monde pourra proposer ou pas aux grandes puissances l’esquisse d’un compromis sur la question nucléaire. C’est absolument fondamental car, si ce n’était pas le cas, il serait hautement probable que les Etats-Unis se résolvent à bombarder, avant la fin de l’année, les sites souterrains sur lesquels s’élabore la capacité de l’Iran à se doter de la bombe.

Ce serait la guerre, une guerre qui propulserait les prix du pétrole à des sommets jamais atteints avant de profondément ébranler la théocratie iranienne et d’ouvrir une nouvelle page, totalement incertaine, au Proche-Orient.

La question iranienne est la grande question de l’été mais la question syrienne sera tout aussi importante car c’est maintenant, dans les jours ou les semaines à venir, qu’on saura si les pays arabes et les Occidentaux auront ou non fourni assez d’aide militaire aux insurgés pour qu’ils puissent faire face à la contre-offensive du régime qui reprend aujourd’hui la main grâce à l’aide des Russes et de l’Iran. Si c’est le cas, si l’insurrection n’est pas défaite, la conférence internationale pourrait bien finir par se réunir et aboutir alors à un compromis politique permettant une transition négociée.

C’est ce qui est à souhaiter mais, si le régime de Bachar al-Assad l’emportait, on en conclurait à Téhéran qu’il n’y a rien à craindre des Occidentaux, le nouveau président, Hassan Rohani, ne pourrait pas y imposer sa modération et l’on irait alors à une guerre iranienne. Les Occidentaux pourraient bien avoir à payer leur frilosité syrienne d’une guerre en Iran. C’est le deuxième des grands enjeux de l’été qui s’ouvre et le troisième est la crise égyptienne.

Au Caire, toute la question est de savoir si les partis laïcs qui ont souhaité et soutenu le coup d’Etat d’avant-hier sauront ou non modérer les militaires et les empêcher de se lancer dans une chasse aux islamistes. Pour l’heure, ce n’est pas clair mais la certitude est que si la répression faisait des martyres des Frères musulmans, ils pourraient bien vite se refaire dans l’opposition, s’y radicaliser à nouveau et revenir en force sitôt que le nouveau pouvoir aura inéluctablement échoué à redresser l’économie. C’est tout l’avenir de l’islamisme qui se joue là, non seulement en Egypte mais dans tout le monde musulman.

On verra, parallèlement, si les Etats-Unis arrivent ou non à relancer les négociations israélo-palestiniennes. Ils s’y escriment et puis il y a, enfin, les élections allemandes de septembre car l’on devrait savoir, fin août, si Mme Merkel pourra reconduire sa coalition conservatrice ou devra gouverner avec les Verts ou la gauche. Dans la première hypothèse, les politiques européennes n’évolueraient que lentement. Dans la seconde, ce serait un tournant, le tournant dont l’Europe a tant besoin.

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