Un an pile après le référendum qui avait tant inquiété l'Europe, quel est l'état du pays ?

Par Anthony Bellanger.

Un référendum pour presque rien d'ailleurs, puisque le gouvernement d'Alexis Tsipras a finalement accepté toutes les conditions et les réformes suggérées par l'Europe pour obtenir les précieuses lignes de crédit.

Pour les Grecs, c'est une autre affaire. Cet anniversaire, c'est celui d'un traumatisme : les banques avaient fermé pendant 3 semaines et le gouvernement a imposé un contrôle des changes qui perdure, un an après.

Un anniversaire qui est aussi marqué par un simple chiffre publié ce weekend par la Banque de Grèce : depuis 2008, 427 000 Grecs ont quitté le pays. Une vague d'émigration sans précédent dans l’histoire du pays sur une aussi courte période.

Et c'est évidemment la fine fleur des jeunes Grecs qui est partie. Or c'est une tragédie pour un pays comme la Grèce qui a besoin de sa jeunesse pour se redresser. On estime, par exemple, que 25 000 médecins grecs travaillent désormais en Allemagne.

Mais les Grecs ne sont pas les seuls à émigrer !

Vous avez raison : les jeunes Espagnols, Portugais et Italiens ont suivi le même chemin vers le nord de l'Europe. En tout, depuis 2008, c'est un gros million de jeunes issus de ces 4 pays qui sont allés chercher un travail hors de leurs frontières.

4 pays qui ont en commun un chômage des jeunes punitif. Mais la Grèce bat tous les records. Pour vous donner une idée, c'est comme si 3 million et demi de jeunes Français étaient partis et ce, en moins de 7 ans. Une véritable saignée.

Si l'on ajoute à cela le chômage qui flirte encore avec les 25% de la population active et le nombre de pauvres qui a doublé en quelques années, on obtient un panorama très sombre de la société grecque d’aujourd'hui.

Rassurez-nous, il y a tout de même quelques bonnes nouvelles, non ?

Oui bien sûr ! L'économie grecque recommence à croître. Timidement mais tout de même. L'énorme déficit public est presque résorbé, enfin le pays a cessé de détruire de l'emploi et des entreprises.

Mais le plus étonnant, c'est que d'autres que les Européens ou les Grecs en profitent pour se placer et parier sur l'avenir. Prenez la Chine, par exemple. Elle vient de racheter à bon compte le port du Pirée. L'accord définitif a été signé hier.

La Chine qui, elle, a parfaitement compris l'importance stratégique de la Grèce : elle est située pile en face du canal de Suez, par où passent les marchandises chinoises, et elle est, par le corridor des Balkans, le plus court chemin vers les marchés d'Europe centrale et du nord.

Même topo côté russe : quelques soient les projets de gazoducs ou d'oléoducs russes, ils finissent tous par aboutir ou traverser la Grèce. Autrement dit, ce sont les Chinois et les Russes qui pensent à l'avenir. Les Européens, eux, en sont encore à compter âprement leurs sous.

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