L'Union doit s'entendre avec Moscou pour stabiliser le continent Europe et lancer son partenariat avec l'Afrique. Quatrième volet de notre bilan de l'année internationale.

A l’Est de l’Union s’étend le plus grand des pays du monde, la Fédération de Russie, l’autre pilier du continent Europe avec l’Union européenne et ses 27 Etats membres.

Son produit intérieur brut ne dépasse pas celui des moyennes puissances de l’Union. Si vaste qu’elle soit, la Russie n’a plus rien d’une superpuissance mais l’incroyable, l’inépuisable richesse gazière et pétrolière de son sous-sol, la renaissance de ses armées, l’ampleur de ses stocks nucléaires et son siège de membre permanent du Conseil de sécurité où elle dispose d’un droit de veto dont elle ne cesse d’abuser font d’elle un pays totalement incontournable sur la scène internationale.

Alors les 27 ont le choix. C’est le grand enseignement de l’année écoulée. Ou bien ils continuent de traiter la Russie en Etat mineur ou bien ils négocient avec elle. Dans le premier cas, l’Ukraine deviendra un conflit sans fin pendant que la Russie ouvrira d’autres foyers de tension dans son ancien empire. Personne n’y gagnerait alors que dans l’autre cas, l’Union pourrait massivement investir dans les infrastructures et l’industrie russes en échange d’une garantie d’approvisionnements énergétiques à prix fixes.

"Quoi ! Comment ?", dira-t-on. On irait conforter le régime de Vladimir Poutine qui devient chaque jour plus répressif ?

Il le devient en effet mais il ne s’agit pas de cela. Il s'agirait de refaire avec la Russie ce que les Occidentaux, sans aucunement approuver son régime, avaient fait avec l’URSS en signant les accords d’Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe. Occidentaux et Russes avaient alors reconnu comme intangibles les frontières européennes et s’étaient engagés, sur la base de cette sécurité commune, à développer leur coopération économique.

Ce que l’on avait fait avec l’URSS, on peut évidemment le faire avec la Russie. Ce ne serait pas fermer les yeux sur ce qu’est son régime mais stabiliser le continent en faisant de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie des Etats dont la neutralité serait internationalement garantie et que les Européens s’engageraient donc à ne pas laisser entrer dans l’Otan.

Tout le monde aurait à y gagner puisque la Russie a besoin d’investissements et que l’Union n’aurait aucun intérêt à laisser la Russie se rapprocher à la fois de la Chine et des Etats-Unis mais ce n’est pas tout.

La stabilité continentale assurée, l’Union pourrait se consacrer à ce qui doit être sa priorité – la constitution d’un partenariat avec l’autre rive de la Méditerranée, avec l’Afrique qui peut être la chance ou le malheur de l’Europe, un continent aux crises mortifères ou ce que fut l’Asie lorsqu’elle s’était éveillée en relançant la croissance mondiale. Autour d’elle, l’Europe peut constituer le cœur du monde mais elle doit pour cela choisir d’exister, de s’unir ou de se désunir, d’être ou de ne pas être car, oui, telle est la question.

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