En concordance sur la Libye, la France et la Grande-Bretagne le sont à nouveau sur la relance du processus de paix israélo-palestinien. Reçu à Paris aujourd’hui après l’avoir été, hier, à Londres, Benjamin Netanyahu y aura entendu les mêmes propos, au mot près. David Cameron et Nicolas Sarkozy lui auront expliqué qu’ils ne souhaitaient pas avoir à reconnaître un Etat palestinien dont les frontières n’auraient pas été négociées avec Israël, qu’ils ne considéraient évidemment pas que ce serait la meilleure des solutions mais qu’ils auraient à l’envisager si des négociations n’avaient pas repris d’ici l’automne. Aidez-nous, lui auront-ils dit, à faire triompher le bon sens. Aidez-nous en acceptant publiquement, auront-ils insisté, les conditions d’un accord que sont les frontières de 1967 avec échanges de territoire, un partage de Jérusalem et un compromis sur la question des réfugiés. Aidez-nous à vous aider, auront-ils martelé en faisant valoir au Premier ministre israélien que, s’il s’y refusait, l’Assemblée générale de l’Onu reconnaîtrait la Palestine en septembre, qu’Israël serait isolé comme jamais par ce vote et s’exposerait, surtout, à des sanctions internationales car ce ne serait plus alors des Territoires qu’il occuperait mais un Etat souverain, membre des Nations-Unies. Français et Britanniques se seront employés à faire pression sur Benjamin Netanyahu en utilisant cette échéance de septembre et en lui proposant de faciliter une reprise des négociations dans le cadre d’une conférence internationale que Nicolas Sarkozy voudrait organiser à Paris au mois de juin, mais le Premier ministre ne semblait toujours pas prêt, hier, à se rendre à leurs arguments. Il considère, lui, que c’est aux Palestiniens de revenir à la table des négociations qu’ils ont quittée après que son gouvernement a refusé de geler les programmes de construction israéliens dans les Territoires. Il refuse toute pré-condition à ces pourparlers avant lesquels il ne veut rien céder. S’il faut affronter un isolement international, dit-il, il l’affrontera et comment négocier, ajoute-t-il depuis la semaine dernière, maintenant que le Fatah, le parti du président palestinien, s’est réconcilié avec les islamistes du Hamas et s’apprête à gouverner avec eux alors même que leur but est de détruire Israël ? Sur ce dernier point, Français et Britanniques sont prudents, voire embarrassés. Au fond d’eux-mêmes, ils ont une lecture optimiste de cette réconciliation. Ils considèrent que c’est le Hamas qui s’est rallié au Fatah et non pas l’inverse et qu’il l’a fait car il voit son allié syrien ébranlé et l’islamisme battu en brèche par le printemps arabe mais, faute de pouvoir le prouver, Paris et Londres ne peuvent qu’appeler Benjamin Netanyahu à choisir les incertitudes de la paix contre l’absolu danger de son refus. Israël hésite mais, conforté par l’élimination de ben Laden, Barack Obama est proche de la position franco-britannique et le leader du Hamas, Khaled Mechaal, vient de déclarer que son but était d’établir un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza – autrement dit dans les Territoires et non plus sur les décombres d’Israël.

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