vladimir poutine exclut pour l'instant de recourir à la force en ukraine
vladimir poutine exclut pour l'instant de recourir à la force en ukraine © reuters
**Fragile éclaircie ou dangereux raidissement, on ne sait pas tant les signaux d’hier sont contradictoires. D’un côté, la crise ukrainienne ne s’est pas réellement aggravée puisque Vladimir Poutine, contrairement à ce qu’on pouvait craindre, n’a pas poussé les enchères en déstabilisant les régions orientales du pays tandis qu’il continuait à s’assurer le contrôle de la Crimée.** Il y a là comme une pause dans l’offensive russe, d’autant plus notable que le président de la Fédération de Russie a, parallèlement, mis fin aux manœuvres qu’il avait organisées aux frontières de l’Ukraine. Au-delà des déclarations publiques, cela n’a pas échappé aux dirigeants occidentaux qui ont également relevé que Vladimir Poutine se disait disposé à s’associer au plan d’aide économique à l’Ukraine que prépare le FMI et qu’il estimait désormais que Viktor Ianoukovitch, le président ukrainien déchu et aujourd’hui réfugié en Russie, n’avait plus d’avenir politique. Si les mots en un sens – ce qui reste en l’occurrence à prouver – cela pourrait signifier que, Crimée empochée, le président russe s’apprêterait à traiter avec les nouvelles autorités ukrainiennes et pourrait contribuer à une stabilisation de l’économie ukrainienne à laquelle la Russie serait la première à avoir intérêt tant ses banques et ses industries sont engagées dans ce pays. Voilà pour les éléments les plus rassurants mais il en est d’autres qui le sont beaucoup moins. Vladimir Poutine a en effet eu hier d’autres déclarations, glaçantes de brutalité. « Si des désordres commencent dans les régions de l’Est, si les gens demandent notre aide, nous nous réservons le droit d’utiliser tous les moyens pour les défendre », a-t-il dit tout en ajoutant qu’une intervention militaire russe en Ukraine n’était « pas nécessaire pour le moment ». Il n’a nullement exclu une proclamation d’indépendance de la Crimée en jugeant que « cela avait été permis aux Albanais du Kosovo et que le droit d’une nation à l’autodétermination était reconnu par l’Onu ». Quant à la situation politique ukrainienne elle ne relève, à ses yeux que d’un « coup d’État anticonstitutionnel ». Pour Vladimir Poutine, il n’y a qu’un « seul président légitime du point de vue juridique même s’il est clair qu’il n’a aucun pouvoir ». Ce président est Viktor Ianoukovitch et, « dans la mesure où nous avons une demande du président légitime, si nous prenons la décision d’utiliser les forces armées en Ukraine, elle sera tout à fait légitime, en parfait accord avec le droit international ». Une intervention russe dans toute l’Ukraine reste, autrement dit, possible et, si l’on résume, Vladimir Poutine a dit hier tout et son contraire. Il a laissé ouvertes toutes les options militaires mais… Mais le fait est qu’il n’a pas, pas encore en tout cas, étendu son intervention au-delà des limites de la Crimée où il a nié tout rôle de la Russie comme s’il ne voulait pas fermer les portes d’un compromis ou bien – question d’interprétation – prendre son temps pour mieux tromper tout le monde. Face à cela les Occidentaux ont continué de hausser le ton mais continueront aujourd'hui, à Paris, à travailler car il le faut, à tenter de créer un cadre de discussions avec Moscou. Où va cette crise ? On ne le sait pas. ### Aller plus loin : [Vladimir Poutine : "'un coup d'état anticonstitutionnel a eu lieu en ukraine"](http://www.franceinter.fr/depeche-vladimir-poutine-un-coup-detat-anticonstitutionnel-a-eu-lieu-ukraine)
La situation en Crimée
La situation en Crimée © Radio France
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