C'est l'honneur de la France d'essayer au moins d'arrêter les bombardements de la Ghouta

Les Syriens fuient leurs maisons dans la ville de Beit Sawa, dans la région assiégée de la Ghouta, le 4 mars 2018, à la suite des frappes aériennes
Les Syriens fuient leurs maisons dans la ville de Beit Sawa, dans la région assiégée de la Ghouta, le 4 mars 2018, à la suite des frappes aériennes © AFP / Abdulmonam Eassa

Il y a bien sûr l’Europe. Avec la confusion résultant des législatives italiennes et les 66% de « oui » accordés, à l’inverse, par les sociaux-démocrates allemands à une nouvelle coalition avec Mme Merkel, l’Union européenne vit un moment décisif mais il sera toujours temps d’y revenir demain.

       L’Union peut attendre alors que pour les quatre cent mille habitants de la Ghouta orientale chaque heure compte. Pour les blessés que l’on ne peut ni soigner ni évacuer, pour les enfants et leurs parents terrés dans des caves depuis trois semaines, c’est chaque minute qui compte et l’on ne peut détourner ni son regard ni son micro.

       Ce serait nier la compassion sans laquelle il n’est plus de civilisation alors sachons, d’abord, disons et répétons partout, que malgré l’adoption à l’unanimité du Conseil de sécurité d’une résolution demandant une trêve de 30 jours sur l’ensemble du territoire syrien et bien que la Russie, après avoir voté cette résolution, ait appelé à la suspension des bombardements de la Ghouta le matin – interdit de tuer le matin, mais permis le reste du jour et la nuit – le régime de Damas n’a jamais interrompu ses bombardements.

Il ne l’a pas fait car « il n’y pas de contradiction, vient de dire Bachar al-Assad, entre une trêve et des opérations de combat ». Il l’a dit sans rire et sans gêne puisqu’il entend reconquérir toute la Syrie et que ses alliés russes et iraniens le laissent faire et, pour les seconds au moins, l’encouragent. Inadmissible, odieuse, constitutive de crimes de guerre, c’est la réalité mais dans ces conditions, dira-t-on, qu’y faire ?

La réponse est qu’il n’y a jamais rien à faire. Ne serait-ce qu’hurler on le peut toujours et l’honneur de la France est que son président l’ait fait hier, dans les formes bien sûr, en appelant le président iranien, avant les présidents turc et russe, afin de  « l’engager fortement à exercer les pressions nécessaires sur le régime syrien ».

A cette heure, il est seul à avoir décroché son téléphone mais cet appel n’est pas forcément vain puisque l’Iran a besoin des Européens et, donc, de la France pour empêcher Donald Trump de rompre le compromis sur la question nucléaire passé en 2015. Jean-Yves Le Drian est ce lundi à Téhéran. Le ministre français des Affaires étrangères va y entamer un grand marchandage. Sans doute le régime syrien et ses alliés le feront-ils assez longtemps durer pour avoir gagné la partie avant d’avoir à cesser leurs crimes mais au moins la France n’est-elle pas silencieuse et puis…

Encore un mot. M. Bachar al-Assad ne manque pas d’amis en France qui vont expliquant qu’il faut parler au boucher de Damas. Eh bien, mesdames et messieurs, qu’on vous entende ! Parlez-lui ! N’attendez pas, pas une seconde. 

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