A entendre les collaborateurs et partisans d’Obama, l’affaire est réglée, c’est plié : leur candidat va gagner. Ce n’est pas chez eux qu’une posture. Ce n’est pas seulement qu’ils annoncent leur victoire pour que la victoire aille à la victoire. C’est vraiment qu’ils y croient car les sondages nationaux, ceux qui donnent une stricte égalité d’intentions de vote aux deux candidats, n’ont que peu d’importance, expliquent-ils, au regard des résultats qui s’annoncent dans les « swing states », ces Etats indécis où ne se dégagent pas de claires majorités en faveur de l’un ou l’autre des deux grands partis.

Ce sont ces Etats-là qui feront le vote puisque le président des Etats-Unis n’est pas élu par la majorité des électeurs américains mais par celle des grands électeurs que le vote populaire désigne dans chacun des Etats et que l’avantage serait à Barack Obama dans ces swing states. Dans les deux camps, on compte et recompte, heure par heure ou presque, et ce sont ces décomptes qui donnent grise mine aux Républicains et le sourire aux Démocrates car, oui, c’est un fait, ces Etats charnières donnent, à l’heure qu’il est, à la veille du scrutin, une majorité de grands électeurs à Barack Obama.

Reste à voir si cette tendance se confirmera demain dans les urnes mais, à tort ou à raison, les Démocrates sont désormais si certains de l’emporter qu’ils envisagent déjà ce que sera le second mandat du président sortant.

A les entendre, les Républicains seront tellement sonnés par leur défaite qu’ils s’éloigneront de leur aile droite et se recentreront en réalisant qu’ils sont allés trop à droite pour ne pas perdre le vote des Hispaniques qui constitueront le cinquième du corps électoral dans moins de vingt ans contre le dixième aujourd’hui, pour ne pas choquer les plus jeunes et les plus éduqués par leurs positions sur l’avortement, le mariage homosexuel ou le créationnisme et pour ne pas détourner d’eux une grande partie des classes moyennes, heurtées par leur refus de plus imposer les plus riches.

Les Démocrates sont persuadés que la droitisation du Parti républicain le coupe des Etats-Unis et que cette défaite de Mitt Romney qu’ils tiennent pour acquise conduira les conservateurs à rechercher des compromis avec la Maison-Blanche. Les Républicains conserveront, reconnaissent-ils, leur majorité à la Chambre des Représentants mais, pouvoir de blocage ou pas, ils voudront modifier leur image en se ralliant à une régularisation des sans-papiers venus d’Amérique latine et, plus spectaculairement encore, à un relèvement des tranches supérieures de l’impôt en échange d’une baisse des dépenses budgétaires que Barack Obama serait prêt à accepter.

A les entendre, le président sortant s’apprêterait ainsi à commencer un second mandat en position de force et, s’il faut évidemment attendre demain soir pour en être sûr, le fait est que l’ouragan dont la côte Est vient d’être victime a modifié le paysage politique. L’Etat est soudainement apparu indispensable et les impôts avec lui. Le gouverneur républicain du New Jersey et le maire indépendant de New York ne tarissent plus d’éloges sur Barack Obama. Un glissement s’est opéré mais la parole est maintenant aux électeurs.

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