Les élection primaires, celles qui désignent les candidats de chacun des deux camps, démocrate et républicain, ne commencent qu’en janvier. Elles ne se joueront vraiment qu’au printemps. Dans l’histoire politique américaine, elles ont souvent, presque toujours, déjoué bien des pronostics mais il reste, tout cela rappelé, que le sénateur Clinton, Hilary Clinton, la femme de l’ancien Président dont nous entendrons l’interview dans quelques instants, est remarquablement bien placée pour remporter l’élection présidentielle de novembre 2008. Multipliant les apparitions télévisées dans les grandes émissions politiques, elle vient de gagner, en un mois, douze points dans les sondages. Elle a, désormais, une avance de 33 points sur son principal rival démocrate, le sénateur Obama qui parait, lui, en perte de vitesse. Signe d’une popularité croissante et de l’intérêt que de plus en plus de gens voient à parier sur elle, elle a engrangé, au troisième trimestre, 27 millions de dollars de contributions financières à sa future campagne, nettement plus que tous les autres candidats à la candidature, démocrates ou républicains. Si la présidentielle enfin avait lieu maintenant, elle l’emporterait, contre son principal rival républicain, Rudolph Giuliani, l’ancien maire de New York, avec 51% des voix contre 43%. Chiffres et sondages, tout cela est d’autant plus frappant que l’ex-Première dame a longtemps passé pour le plus mauvais des candidats possibles car elle polarisait l’hostilité de nombreux Américains qui préféraient n’importe qui plutôt qu’elle. Ce « TSH », « Tout sauf Hilary », tenait à sa réputation de féministe, très à gauche, en tout cas pour les Etats-Unis, à ses diplômes aussi qui faisaient d’elle une intellectuelle, voire une tête d’œuf, réputée éloignée des préoccupations et réflexes culturels du citoyen moyen. Elle a été vécue comme la caricature de l’intelligentsia des grandes villes, milieux dont elle ne vient pourtant pas, mais deux choses ont changé depuis. La première est que, devenue sénateur de New York, Hilary Clinton a su imposer l’image d’une femme politique habile, modérée, très au fait de ses dossiers, capable de se faire réélire brillamment – bref, d’un élu à part entière qui a fait oublier les années où elle avait la réputation d’être l’aile gauche du couple Clinton. Elle a même si bien poussé cette métamorphose que son seul véritable handicap, vis-à-vis de la base démocrate, est d’avoir approuvé l’intervention en Irak par crainte de se couper de l’électorat qui y était, alors, très majoritairement favorable. Quant au second changement, de loin le plus important, c’est, bien sûr, la dégringolade dans laquelle Georges Bush a entraîné le Parti républicain. Au plus bas dans les sondages, ce président est maintenant un tel boulet pour son camp qu’il a été le principal artisan de la victoire démocrate aux dernières élections parlementaires durant lesquelles les candidats républicains évitaient de se réclamer de lui et, plus encore, de se montrer à ses côtés. Sauf retournement de situation, toujours possible en treize mois, l’Amérique ne veut plus d’un Républicain à la Maison-Blanche. C’est le grand atout de Mme Clinton.

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