C’est très loin d’être une certitude mais c’est une possibilité. Il n’est pas totalement impossible que l’Ukraine et la Russie parviennent aujourd’hui à un cessez-le-feu en Ukraine orientale car la Russie pourrait ainsi repousser ou limiter, au moins, les nouvelles sanctions économiques occidentales dont elle est menacée tandis que l’Ukraine pourrait, elle, reprendre son souffle alors que son armée subit revers sur revers depuis plusieurs jours. C’est pour ces deux raisons qu’une trêve pourrait, peut-être, être signée dans les heures à venir mais, quand bien même serait-ce le cas, rien ne serait pour autant résolu. Trêve ou pas, Vladimir Poutine pourrait continuer à se bâtir un protectorat sur l’Ukraine orientale après avoir annexé la Crimée au printemps dernier. Le dépeçage de l’Ukraine se poursuivrait et la Russie, pour sa part, n’aurait toujours pas de certitude de ne pas se retrouver avec l’Otan à ses frontières car, plus elle absorbera de territoires ukrainiens, plus grande sera la possibilité que ce qui resterait de l’Ukraine intègre l’Alliance atlantique. Toujours plus inquiétante, cette crise exige une vraie solution qui ne peut désormais passer que par un échange de garanties réciproques. En échange de son retrait du territoire ukrainien, de l’arrêt de ses fournitures d’armes aux sécessionnistes et du déploiement, le long de la frontière, de forces internationales chargées de veiller au respect de ces deux conditions, la Russie devrait, pour sa part, obtenir l’assurance formelle que l’Ukraine s’interdira d’entrer dans l’Otan. Cette assurance pourrait et devrait même s’ancrer dans une fédéralisation de l’Ukraine qui rendrait impossible qu’elle n’entre dans quelque alliance militaire que ce soit sans l’accord de l’ensemble de ses régions fédérées. Tout le monde y gagnerait. L’Ukraine pourrait sortir de la guerre, conserver ses frontières et se reconstruire. Les Occidentaux n’auraient plus à imposer à la Russie de sanctions qui freinent la croissance des pays européens et menacent leurs approvisionnements énergétiques. Ils n’auraient plus, non plus, à envisager une intégration de l’Ukraine à l’Otan à laquelle ils ne souhaitent pas procéder car elle pourrait les obliger à entrer en guerre avec la Russie aux côtés des Ukrainiens. Quant à la Russie, enfin, elle n’aurait plus à craindre une extension de l’Alliance atlantique jusqu’à ses frontières qu’elle peut tout aussi légitimement refuser que les Etats-Unis refuseraient que le Mexique entre dans une alliance militaire dominée par la Russie. Ce serait le bon sens et les Occidentaux n’auraient qu’intérêt à proposer une telle solution car elle ouvrirait la voie à un accord de coopération entre les deux Europe qui leur serait mutuellement profitable, empêcherait Vladimir Poutine de rêver d’une reconstitution de l’empire russe et ne lui permettrait plus de décréter la patrie en danger pour assurer son pouvoir.

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